Présentation du blog

Un petit mot pour dire que toutes les histoires écrites ici sont des histoires vraies, rien n'est inventé.
Affichage des articles dont le libellé est chevaux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chevaux. Afficher tous les articles

mardi 7 mars 2017



Médecine du moyen âge et complot
Première partie : Médecine du moyen âge
Ce soir là je suis aux écuries en train de préparer ma jument. J’entends des coups de marteaux : « pan, pan, pan ». Je me dis que le propriétaire des écuries doit être dans la grange à coté en train de bricoler. Les coups sont puissants et réguliers ça finit par me faire mal à la tête. Je pars pour aller faire travailler ma jument.
Lors que je reviens il fait nuit et je vois qu’il n’y a pas de lumière dans la grange, je me dis que le  propriétaire des écuries est parti et que je vais être au calme. Mais dès que je m’approche j’entends à nouveau les coups de marteau. Inquiète je fais le tour et j’appelle, mais personne ne me répond. En me dirigeant vers le bruit je vais au fond des écuries. Là je trouve le cheval en sueur qui gratte par terre. Son box est entièrement retourné, il secoue la tête et se tortille. Je me dis tout de suite « Oh mon Dieu, il est en train de faire une grave colique ». Complètement paniquée j’appelle sa propriétaire Mme X. Malheureusement elle ne répond pas. Il est tard, j’hésite à déranger le propriétaire des écuries. Mais le cheval va visiblement très mal et si c’était le mien je voudrais qu’on le sauve. Du coup je pense à appeler directement le vétérinaire, je ne sais pas quoi faire… Heureusement Mme X me rappelle, elle me dit « merci d’avoir appelé, mais ne t’inquiète pas, il va bien le vétérinaire (que nous appellerons vétoY) est venu lui faire un abcès de fixation ».

Il faut savoir qu’un abcès de fixation consiste à injecter (dans le poitrail pour un cheval) du poison, le corps réagit en envoyant des anti-corps dans la zone. Cela fait une grosse inflammation douloureuse et au bout d’une semaine on perce. La croyance au moyen âge voulait que ceci draine toutes les impuretés du corps  et toutes les maladies... Peut être bien que comme pour une saignée ou des sangsues ces méthodes peuvent dans certains cas faire plus de bien que de mal, mais au 21 ème siècle on est capable de faire beaucoup mieux !
Avant de poursuivre l’histoire et d’en venir à la théorie du complot, je vais remonter un peu le temps et mettre en place le contexte. Mme X a son cheval depuis des années. Il y a deux ans il s’est mis à boiter et depuis, même s’il va de mieux en mieux, il n’est toujours pas complètement guéri.
Mme X a rencontré un grand homme de cheval à l’occasion d’un stage. Celui-ci travaille à l’autre bout de la France, il connait donc des vétérinaires, ostéo et maréchaux ferrants différents de ceux de notre région. Il lui a présenté VétoY. Un grand homme de cheval, qui peut tout soigner, qui est un adepte des plantes et des médecines non conventionnelles. Mme X et VétoY ont donc décidé de faire un abcès de fixation au cheval de Mme X, et je me retrouve donc là à fixer ce cheval qui va vraiment très mal et ne pouvant rien faire pour lui. Je remets ma jument au près et je rentre chez moi.

Le weekend VétoY vient percer l’abcès et enfin soulager le cheval. En discutant avec Mme X je lui demande s’il est passé dans la semaine pour voir comment allait le cheval car il avait l’air mal en point. Elle me rappelle qu’il habite à l’autre bout de la France et ne peut passer qu’une fois par semaine quand il descend dans le sud pour le weekend. Pour le coup faire subir ça à un cheval quand en plus le vétérinaire n’est même pas sur place en cas de problème je trouve ça très risqué.

Deuxième partie : Le complot

Les semaines passent. Ma jument  a « des problèmes de peau ». Non elle ne fait pas d’acné juvénile, mais elle a des verrues de poulain qui auraient du partir depuis longtemps, des plaques au poitrail (qui se sont révélées être des sarcoïdes mais à l’époque c’était trop petit pour être identifié). Comme elle a des tendances boulimiques, qu’elle vit dans un près rempli d’herbe trop riche et qu’elle est rondelette, je me demande si elle n’a pas un problème de foie qui expliquerait cette peau pas très saine. Je souhaite faire un drainage hépatique, mais je ne sais pas lequel. Mme X me dit que VétoY est un très bon herboriste et qu’il pourra me faire une préparation bien adaptée et avec moins de cochonneries que ce que l’on trouve dans le commerce. Je repense avec inquiétude au cheval de Mme X qui s’est retrouvé seul à souffrir dans son box, mais je me dis que pour juste un drainage je ne prends pas de risque. De plus j’essaie au maximum de rester ouverte d’esprit.
Me voilà donc en train d’appeler VétoY, je lui explique que la jument n’a pas de problème, qu’elle va bien, mais qu’elle a quelques soucis de peau. Je les lui décris, puis je lui parle de l’herbe trop riche et des rondeurs de ma jument. J’enchaine en lui disant que je soupçonne des problèmes de foie et que je cherche un drainant hépatique. Il me répond que vu tout ce que je décris il est tout à fait d’accord avec moi et qu’il pense lui aussi à un problème de foie. Je me dis « Cool ! On est sur la même longueur d’onde ». Au moment où je vais lui demander s’il peut me proposer un bon produit drainant il prend la parole et dit : « Je vous propose qu’on prenne rendez vous pour un abcès de fixation ». Là mon cœur fait un énorme bond dans la poitrine et je suis à peu près sure que mes yeux sont sortis de leurs orbites. Je peux comprendre qu’on impose un abcès de fixation à un cheval mal en point si on a déjà « tout essayé », mais faire ça à un cheval qui va bien… Je trouve ce véto complètement fou. Néanmoins je prends une grande inspiration et je réponds, en gardant le sourire, que ma jument va bien, qu’il n’est pas nécessaire d’en arriver là et que je commencerai bien par un drainage. 
Et là il me pose une question qui tue : « Votre père est médecin ? ». En général quand les gens me posent une question d’ordre privé qui n’a rien à voir avec la choucroute je ne leur réponds pas. Mais cette fois j’étais tellement surprise que j’ai répondu sans réfléchir « Non, mais ma mère est infirmière pourquoi ? ». Et c’est là que c’est devenu complètement irréaliste, il s’est mis à crier au complot et à l’acharnement :
« J’en étais sur ! C’est votre mère qui vous a dit de ne pas me faire confiance ? Ils sont tous pareils ! Les médecins et les vétos, c’est tous les mêmes ! Ils se moquent de ce que je fais alors que MOI je peux TOUT soigner ! J’ai soigné des tas de chevaux et eux ils font quoi ?? Moi je peux tous les sauver, ma méthode est très bonne, j’ai plein de résultats ! Et eux ils ne me prennent pas au sérieux ! Et pourquoi ? Parce qu’ils sont jaloux parce que MOI je peux TOUT soigner !... bla bla bla…»
Au fur et à mesure qu’il vocifère je me décompose : ce mec est complètement fêlé… Je bredouille quelques mots au milieu de des hurlements et je raccroche.



Troisième partie :  la raison et les conséquences de tout cela

Je suis restée plusieurs années sur cette impression que VétoY était juste fou, mais par la suite j’ai appris qu’il ne perdait pas le nord en fin de compte et que le manque d’analyse des gens peut conduire à de sérieuses dérives.
Quelques années plus tard, après avoir changé de pension, j’entends de nouveau parler de lui et des ses fameux abcès de fixation. Je monte les yeux au ciel et rouspète qu’il est fou de faire ça. La personne en face de moi me répond : « Pas si fou vu qu’il facture plus de 1 000 euros chaque abcès de fixation ! ».
Vous vous rendez compte que le mec fait payer plus de 1 000 € pour venir injecter un produit toxique mais facile à trouver dans le commerce à un cheval et repasser la semaine suivante mettre un coup de scalpel et passer une compresse sur la plaie ??? Il ne fait aucune analyse préalable, aucun suivi et ne vient pas s’il y a un problème ! D’une certaine façon ce mec est un génie, un escroc et un tortionnaire, mais un génie quand même ! Tu parles qu’il préférait me faire payer un abcès de fixation  1 000 € plutôt qu’un drainage à 20 € maximum quand je l’ai appelé !

Pendant un moment je me suis demandé comment il arrivait à vendre son « produit miracle ». Puis en écoutant les échos j’ai compris.
Le premier cheval qu’il a traité dans la région est celui de Mme X, et voici ce qu’on raconte de partout : « Le cheval de Mme X a boité pendant 2 ans, elle était désespérée, elle a tout essayé. VétoY a fait un abcès de fixation et le cheval est guéri ». Et voici ce qui s’est réellement passé. Mme X reconnait elle même que, par ignorance, quand elle a eu ce cheval,  elle lui en demandait beaucoup trop. Des grandes sorties au trot et au galop sur des sols trop durs, avec une selle pas super bien adaptée au cheval. Un jour son cheval s’est mis à boiter, elle a fait quelques soins classiques qui n’ont rien donné. Alors elle a pris les choses en main, elle a mis son cheval au repos, lu des livres, discuté avec des gens. Puis elle a déferré son cheval, elle l’a sorti un peu en main, elle a changé de selle avant de remonter dessus. Son cheval allait de mieux en mieux. C’est vrai qu’au bout de deux ans il n’était pas complètement remis, il ne pouvait pas faire des sorties trop dures et re-boitait parfois. VétoY est arrivé, mais avant de faire l’abcès de fixation il lui a injecté une dose d’anti-inflammatoire dans le garrot. De plus connaissant le sérieux de Mme X je suis certaine qu’elle a repris le travail tout en douceur après le passage de VétoY. Alors selon vous est-ce l’abcès de fixation qui a guérit le cheval ou est le lent et patient travail de Mme X, couplé sur la fin avec une bonne dose d’anti-inflammatoire ? 
Il y a aussi eu le cas d’un cheval qui était dans les mêmes écuries que celui de Mme X. Quand on m’a raconté l’histoire on m’a dit que le cheval était foutu, que les autres véto l’avaient condamné et que maintenant il allait très bien. Sauf qu’à l’époque où il était « foutu » j’étais encore là bas et j’ai souvent vu ce cheval. Au pré il faisait sa vie avec ses copains. Je n’ai jamais vu son proprio le monter, mais il y avait un cavalier en demi pension qui partait en balade avec du dénivelée et qui prenait des cours avec moi, il travaillait aux trois allures et faisait des épaules en dedans au trot. Donc peut être que le cheval n’était pas en assez bonne condition physique pour aller faire les JO, mais de là à dire qu’il était « foutu », c’est très clairement abusé… ceci dit ce genre d’exagération fait une très bonne publicité à vétoY.

Dans l’écurie où je suis maintenant, et où j’entends parler des exploits de VétoY, Mr Z décide de faire appel à lui. Son cheval fait de l’emphysème et tousse l’hiver quand il mange du foin à cause de la poussière contenue dans celui ci. Quand je lui dis que l’abcès de fixation est très traumatisant pour le cheval (en plus de couter les yeux de la tête) et qu’il vaut mieux essayer autre chose avant, il me répond « mais j’ai tout essayé ». Alors pour situer le contexte son cheval est dans un près qui donne sur un grand hangar. Le foin est posé dans le hangar, les chevaux y passent donc beaucoup de temps. Quand le proprio des écuries nettoie ou brasse dans son hangar il soulève une poussière monstrueuse qui est vraiment nocive pour les chevaux, surtout s’ils ont des soucis respiratoires. Les propriétaires de chevaux ont souvent râlé à cause de ça, mais le mec s’en moque. Donc quand Mr Z dit qu’il a « tout essayé », comme beaucoup de gens il veut dire qu’il a payé un véto pour avoir quelques médicaments, mais qu’il a bien fait la sourde oreille quand le véto lui a dit que le cheval serait mieux dans un endroit où il serait au pré intégral sans ce hangar nid à poussière. Il y a plein de pension autour de là où nous sommes où son cheval serait bien mieux, mais celle ci est la plus proche de chez lui et il y a ses amis. Par expérience quand quelqu’un dit « j’ai tout essayé en vain » ça veut dire qu’il a déjà dépensé de l’argent, parce que les gens qui s’investissent et accepte quelques sacrifices pour avoir de bonnes conditions pour faciliter la guérison ont généralement des résultats. Pour finir mon histoire Mr Z fait faire un abcès de fixation au début du printemps. Lorsque je le croise quelques semaines plus tard je lui demande si son cheval va bien. Il me répond « Oui beaucoup mieux il ne tousse plus ». En fait je voulais savoir s’il avait supporté l’abcès sans déclencher de coliques et sans infection. Je lui demande « Pourquoi ça lui arrivait de tousser au printemps ? Je croyais qu’il ne toussait que l’hiver ? ». Il hésite un peu puis finit par me répondre « En effet c’est vrai, il faut peut être attendre avant de crier victoire ». Sauf que c’est trop tard, le bruit court déjà dans toutes les écuries de la région que VétoY a sauvé un cheval qui avait de l’emphysème.

La conclusion, mais elle est déjà connu des manipulateurs, c’est que si vous devez faire une escroquerie, elle marchera mieux si le pigeon doit payer cher. Déjà pour l’escroc c’est plus rentable… mais surtout quand on paie un truc 3 € si on n’en est pas content on va aller le dire partout. Quand on a lâché 1 000 € on a plus honte de s’être fait arnaquer. Même si on se veut honnête inconsciemment la honte de s’être fait avoir va nous pousser à chercher tous les petits trucs qui vont dans le bon sens et à ignorer les énormes qui vont dans le mauvais sens. Bien sur le domaine des soins est parfait car les gens vont tout tenter par espoir et les résultats sont généralement difficiles à quantifier, le propriétaire qui veut que son animal aille mieux, verra toujours des petits améliorations car ce n’est pas mesurables (alors que l’actionnaire, même s’il est d’une nature optimiste, il est obligé de voir que son compte en banque n’augmente pas). Enfin pour terminer, mon expérience à moi avec les gens qui ont des animaux me montre, que moins les gens donne de le temps et de leur énergie à leur animaux, plus il donne de l’argent pour se déculpabiliser. Et que si on leur donne une occasion de payer très cher et de pouvoir aller dire partout « Ca m’a couté cher, j’ai fait ce geste énorme pour mon animal » il saute dessus, ca cela apaise leur conscience. Du coup ils se sentent en paix avec eux-mêmes et continuent à ne jamais s’occuper de leurs animaux et à les laisser croupir dans des conditions qui sont parfois totalement inadaptées à la nature de l’animal.<

samedi 5 novembre 2016

Le cheval mordeur

A cette époque je monte à cheval dans un centre équestre. Il y a une rangée de box, les chevaux y dorment la nuit et passent une partie de la journée dehors. Sauf un cheval, tout au fond. Un jour où je vais le voir on me dit « Fais attention il mord ». A coté de son box se trouve en permanence une cravache et un filet avec un mors vraiment très sévère, pour ne pas dire carrément cruel. Sur son box il y a des grilles dans la partie haute il ne peut pas sortir la tête par-dessus la porte.
C’est un entier sa propriétaire ne veut pas le faire castrer parce qu’il est « trop beau », mais en même temps s’il est méchant qui voudrait un poulain de lui ? Ca veut dire que ce cheval ne va absolument jamais au pré, de peur qu’il ne saute une clôture pour aller voir les juments, il ne sort de son box que pour travailler…
Un soir je fais le tour des chevaux en box pour leur faire une gratouille, en arrivant vers le box de celui-ci je vais pour faire demi tour mais je le vois se précipiter à la grille avec des yeux avides. Je me dis qu’il doit mourir d’ennui et que la moindre distraction dans sa pitoyable vie doit être une bénédiction. Je reste en face de lui et je lui parle un peu. D’abord il me regarde, puis il se met de coté et se plaque contre la grille. Je m’approche et je lui gratte le garrot, les chevaux aiment bien en général. Je fais très attention, je surveille sa tête pour voir s’il se retourne pour mordre au cas où il ne voudrait pas être gratté. De plus je ne rentre que la main et je la laisse bien dans l’axe, comme ça je peux la ressortir immédiatement. Mais tout se passe très bien, le cheval a l’air content de ce contact.
Je continue à venir le voir, j’ai demandé si je pouvais lui donner à manger, on m’a répondu « non », ce qui est logique. Donc je lui fais quelques gratouilles en restant loin de la sa tête.
Mais un jour j’ai à peine commencé à le gratter qu’il se tourne et me montre ses fesses. Je suis perplexe, il ne veut plus de gratouilles ? Il tourne la tête pour me regarder et là je vois ses fesses et sa tête qui me regarde et je me dis, non mais il est en train de viser pour me botter ? Dans le doute je le laisse tranquille. Je reviens plusieurs fois et à chaque fois, il vient à la grille, mais dès que je le gratte il se tourne et me surveille.
Du coup j’arrête de venir.

Plus tard, un jour que je discutais avec une personne, son cheval qu’elle a depuis des années tourne très rapidement ses fesses vers moi. Je m’éloigne rapidement et vais me placer derrière sa propriétaire. Elle rigole et me dit « ça te gène ? ». C’est une bague ? Je lui réponds « Bien sur que ça me gène, ce cheval que je ne connais pas qui me menace d’un coup de pied avec ses fesses pour me dire de partir ». Elle rigole toujours et me dit « Mais non il veut que tu lui grattes les fesses ». J’essaie et en effet le cheval se tortille de plaisir quand je lui gratte les fesses.
 
Du coup je repense au cheval enfermé dans le box. J’y retourne, dès que j’arrive il vient à la grille, et cette fois quand il me montre les fesses je les gratte… et là je le vois qui n’en peut plus de bonheur : les yeux qui roulent, les lèvres qui tremblent, les fesses qui se tortillent.
Tu parles d’un dangereux étalon ! Il s’agit juste d’un pauvre bête maltraitée comme tant d’autres…

jeudi 17 septembre 2015

Le bon exemple chez les poneys

C’est une femme qu’on va appeler Mme X (pour faire original), elle a 2 poneys islandais et un poney shetland. Nous les appellerons Jis pour le Jeune Islandais, Vis pour le « vieil » Islandais et bien sur Shet le shetland.
Elle a d’abord acheté Jis dans un élevage, né en France et sa mère était née sur le sol français elle aussi (meuh non je ne suis pas raciste, ça compte pou la suit de l’histoire). Mme X pensait bien faire en prenant dans un élevage ou les chevaux vivent en troupeau au pré, sauf que là c’était un peu trop. Jis n’avait jamais rien vu de sa vie, ni voiture ni vélo, ni vétérinaire, il n’avait jamais été manipulé ni licolé, rien… du coup leur relation était parfois difficile il fallait faire preuve de beaucoup de patience et lui laisser le temps pour tout…
Un jour quelqu’un lui dit « Oh tu aimes les islandais ? Il y a un club qui ferme et qui brade ses chevaux, ils ont un islandais dont ils n’arrivent pas à se débarrasser, car il a trop de caractère pour les enfants ». Mme X a envie de le sauver et sent bien qu’elle a besoin de ne pas s’enfermer dans la relation avec Jis. Comme elle a suffisamment de temps et d’argent pour l’assumer elle achète Vis. Elle se renseigne et apprend que Vis est née en France, mais d’une mère importée qui a grandit en liberté en Islande.
Elle quitte la pension où elle est et s’installe dans un pré, elle enseigne à chacun de ses poneys à rester seul quand elle sort l’autre, mais elle sent du stress chez celui qui doit rester seul. Elle achète alors Shet pour tenir compagnie à celui qui est au pré. (Et Shet ayant un caractère joyeux et farceur elle doit aussi le sortir et s’occuper de lui… haaa les bêtes…).
Quand il est arrivé Vis était un peu renfermé sur lui-même, discret, pas un meneur. Jis avait un sacré caractère, du genre à s’imposer sans trop se poser de question. Shet est un clown, pas un tyran, mais avec son caractère et du genre à faire ce qu’il veut quand il veut.
A vivre ensemble tous les trois ils vont beaucoup changer.
C’est l’hiver, il fait froid et l’eau gèle presque tous les jours dans l’abreuvoir. Mme X passe tous les matins apporter de l’eau tiède aux poneys, Vis reste un peu en retrait mais Jis et Shet se jettent dessus. Comme tous les chevaux (tous les animaux même) boire de l’eau glacée ils n’aiment pas trop. L’hiver est long et ce petit cinéma dure longtemps. Un jour Jis et Shet ne viennent pas boire, Mme X s’inquiète, elle les appellent, ils viennent lui dire bonjour mais ne boivent pas… Elle repasse à midi et le soir voir s’ils vont bien et s’ils ne sont pas déshydratés, ils vont bien. Le soir elle leur amène à nouveau de l’eau tiède, qu’ils ne boiront pas. Lendemain et les jours suivants pareil : ils ne boivent pas l’eau tiède qu’elle amène. Ils ne boivent pas non plus l’eau froide, ni l’eau très froide de l’abreuvoir quand elle casse la glace. Elle ne les voit jamais boire devant elle, pourtant ils vont bien.
Arrive le week end, elle passe la matinée avec eux, mais n’en voit aucun boire. Puis en début d’après midi, vers midi solaire, alors qu’elle est en train de s’occuper d’eux au pré, elle voit les trois chevaux se diriger vers l’abreuvoir. Chacun d’eaux prend une gorgée dans sa bouche la garde longtemps puis l’avale. Ils réchauffent l’eau dans leur bouche avant de l’avaler ! Pour boire la quantité d’eau dont ils ont besoin pour tenir la journée ça peut leur prendre plus d’une heure ! Il est très probable que Vis ait appris ça de sa mère et l’ait transmis aux autres.
En effet quand Mme X regarde leur comportement elle voit que Vis commence à prendre le dessus et à cadrer les turbulents Jis et Shet.
Le printemps arrive, dans la journée chacun des trois poneys fait ce qu’il veut, mais dès que le soleil se couche, Vis va se mettre au centre du près à l’endroit où il a le plus de visibilité sans être gêné par la cabane ou les arbres. Si Jis et Shet ne le suivent pas il va les chercher et les force à rester dans une zone dégagée où il peut les voir. Il veille toute la nuit. Jis et Shet ont le droit de brouter, dormir ou jouer, ce qu’ils veulent tant qu’ils restent dans la zone dégagée que surveille Vis.
C’est l’été maintenant, les règles pour la nuit sont toujours les mêmes, mais il fait chaud la journée et Vis a besoin d’une sieste à l’ombre. Il choisit d’aller dans la cabane. Celle-ci est compartimentée en trois « pièces » quand Mme X s’occupent d’eux ils ont chacun leur partie. Pas question pour Vis de faire la sieste et laisser les deux autres sans surveillance. Donc à chaque fois qu’il veut aller se reposer, il va chercher les autres, les force à rentre dans leur partie de la cabane. Avant d’aller lui aussi dans la cabane il attend un peu pour être sur qu’ils vont y rester. Maintenant ils ont l’habitude, ils rentrent la tète en avant et ne bougent plus. Quand il est sur que personne ne bouge, Vis va dans sa partie, il rentre les fesses en premier et garde la tête à l’extérieur pour surveiller…
Quel Dommage que ne chevaux domestiques n’aient gardé aucune règle de leur vie ancestrale et que le seul instinct qui leur reste aujourd'hui soit celui de manger à se faire péter le bide…

dimanche 26 avril 2015

La fiancée du cheval noir

Il s’appelle Monsieur X… ha non, Monsieur X c’est un pseudo que j’utilise pour les gens…
Je recommence : il s’appelle « Tornado », c’est un gentil cheval male qui a été castré comme tous ses potes de prés. Dans ce près justement il y une dizaine de chevaux, des males, tous castrés et des juments qui ne le sont pas.
Bien qu’il ait été castré il y a quelques années maintenant, il aime bien compter fleurette aux juments et les saillir de temps en temps, quand l’occasion se présente. Mais cette année au printemps toutes les juments étaient collées au très viril « JohnWayne ». Et JohnWayne avait l’œil, dès que Tornado faisait mine de s’approcher d’une jument, JohnWayne sortait l’artillerie lourde et venait lui mettre une raclée.
Tornado est donc resté sur sa faim cette année. Il n’a même pas pu aller bisouiller une jument. Maintenant c’est l’automne, il a le droit de s’approcher des juments et de copiner avec elle.
Aujourd'hui une nouvelle jument arrive. Comme c’est la tradition dans le monde des chevaux ils viennent tous la voir pour la rejeter, pour lui faire savoir qu’elle n’est pas des leurs pour l’instant. Au lieu de simplement accepter et faire preuve d’humilité en attendant d’avoir sa place, elle prend peur. Elle s’enfuit et se blottit dans un coin. A chaque fois qu’elle tente d’approcher le troupeau la même scène se reproduit.
Au bout de trois jours Tornado trouve que ça suffit, il va alors se mettre entre la nouvelle et un cheval qui l’embête. La nouvelle est ravie et reste collé à lui. Patiemment, jour après jour, Tornado va s’interposer entre la nouvelle et les petits cons du troupeaux qui aiment bien jouer aux caïds.
Petit à petit la nouvelle se fait une place dans le troupeau. Tornado et elle reste assez proches. L’hiver se passe ainsi. Puis arrive le début du printemps, Tornado commence à avoir des idées en tête. Il passe plus de temps avec la nouvelle, il essaie de la séparer un peu des autres pour la garder pour lui. Au début tout se passe bien car JohnWayne est concentré sur les juments qui ont leurs chaleurs. Il ignore Tornado et la nouvelle pour l’instant. Puis un jour la nouvelle a ses chaleurs, alors JohnWayne  vient, il chasse Tornado et emmène la nouvelle dans son harem.
Tornado est tout dépité. Un jour il profite de ce que JohnWayne  ait le dos tourné pour retourner voir sa douce, mais celle ci le snobe et se cache au milieu des autres juments quand il arrive.
Dur réalité pour Tornado, le monde des chevaux est aussi dur que celui des humains… .

vendredi 30 janvier 2015

Le jour où un cheval m’a menée par le bout du nez

A l’époque je montais en club. En arrivant dans la carrière je vois que la monitrice a posé quelques barres par terre, ça me semble étrange car elles ne sont alignées, pas centrées, dans l’axe de rien du tout. Je ne comprends pas quel exercice elle veut nous faire faire. A la fin de l’échauffement elle nous appelle et nous explique l’exercice : on va prendre la diagonale et changer de pied au galop. On doit profiter du fait que le cheval, pour passer la barre va faire un mini saut, cela nous laisse un peu de temps pour changer nos aides de la droite vers la gauche. Je sais que ça va être très difficile pour moi car on a très peu de temps pour changer de position ses jambes, son bassin, son poids du corps, ses mains et son regard.
Mon tour arrive je reste sereine, je sais que je n’y arriverai pas du premier coup, voire même pas du tout, ce n’est pas grave je suis là pour apprendre. Mon cheval y va franco, il coupe même un peu le fromage, fonce sur la barre, et change de pied !! Euh… je crois bien que je n’ai rien fait et qu’il l’a fait tout seul. Là j’ai une révélation : il a de l’expérience ce cheval dès qu’il a vu la position des barres par terre il a su ce qu’il fallait faire. C’est un cheval très bien dressé qui a déjà permis à des cavaliers de passer des diplôme très élevés, il a un sacré niveau. Il est aussi doux comme un agneau et fort comme une locomotive. On recommence quelques fois, à chaque fois il fait ça nickel, la monitrice me félicite, mais je sens bien que ma participation est minime, voire inexistante…
Lorsque la plupart des couples cavaliers-cheval y arrivent, elle nous demande de faire un cercle au galop avant d’aller sur la barre faire le changement de pied (le but est d’avoir un beau galop de qualité avant d’y aller). Quand mon tour arrive, je mets mon cheval au galop, j’entame mon cercle, j’ouvre bien ma main gauche, je regarde où je vais mais… voilà que ce fichu bourrin part à droite va sur la barre, change de pied, fait trois foulée de galop, puis passe au pas et va rejoindre ses copains… La monitrice me dit «  tu n’as pas bien écouté, tu devais faire un cercle avant d’y aller ». Euh… j’y crois pas le cheval a saboté l’exercice !! Quand tous les autres sont passés, c’est de nouveau notre tour, je raccourcie mes rênes, m’accroche bien pour le forcer à faire le cercle, mais avec toute la force et le calme d’un animal composé de 600 kg de muscles monté par une sauterelle ridicule il fonce sur la barre, fait son changement de pied et me ramène près des autres ! La monitrice me dit « tu as encore oublié le cercle ». On recommence encore deux fois de chaque coté, impossible de diriger cette force de la nature…
Maintenant on doit faire un cercle avant et un autre après. Bien sur, je suis bien incapable de forcer ce mastodonte à faire quoi que ce soit. La monitrice continue les remarques du genre « mais enfin fais l’exercice en entier », « tu n’es pas dispensée de faire les cercles , « écoute ce que je dis ».
Je ne lui ai jamais dit ce n’est pas moi, c’est lui qui me trimballe ca je suis sensée être maitre de mon cheval, elle m’aurait répondu « fais toi obéir ». Mais enfin même avec 6 élèves dans son cours, elle a forcément vu que j’essayais laborieusement de faire tourner ce cheval avec ma main hyper écartée, tirant de toutes mes maigres forces avec ma maigre technique…
Quelque chose a du m’échapper, peut être y a-t-il eu des clins d’œil entre le cheval et elle, tous les deux ravis de me voir abasourdie ?
Le cours aurait été plus intéressant pour moi si elle m’avait dit « quand un cheval puissant ne veut pas tourner voilà ce qu’il faut faire ». Je soupçonne avec le recul qu’elle savait parfaitement ce qu’il se passait mais qu’elle avait la flemme d’expliquer autre chose que ce qu’elle avait prévu.
Par la suite plusieurs animaux ont essayé de me mener par le bout du nez, mais aucun jamais n’a réussi avec la classe et l’efficacité de celui là, il faut reconnaitre que vu ses objectifs à lui il a été parfait !

Le cheval suspendu

Ce jour-là je suis en rando avec ma jument et des deux amis cavaliers. Ils ont deux juments de randonnée très expérimentées et très calmes. L’une d’elle est attachée à une branche horizontale plus haute qu’elle. Sa longe est juste assez longue pour qu’elle puisse mettre le nez par terre pour brouter : l’attache parfaite les risques de prises de longe sont très faibles. On mange et tout va bien.
Soudain la jument décide de se rouler, du coup dans cette position il y a risque de prise de longe, son cavalier se lève donc au cas où… et en effet en se roulant la jument passe un antérieur autour de la longe et se retrouve coincée. On se lève tous et on approche doucement. Ça peut être dangereux si la jument se débat quand on est à coté, elle peut nous blesser. Mais coup de chance elle arrête de se débattre dès qu’elle nous voit approcher. Elle se détend, arrête de bouger les jambes et laisse sa tête partir vers le sol. Comme la longe est toujours attachée et qu’elle fait le tour d’une de ses jambes, la tête de la jument reste suspendue au-dessus du sol par la longe.
On essaie d’aller détacher la longe mais comme le corps de la jument est sous le nœud, en se tenant un peu sur le côté aucun de nous n’est assez grand pour aller défaire le nœud. On décide donc de détacher la longe du couté de la tête de la jument puisque celle-ci ne bouge pas. Sauf qu’une fois le mousqueton ouvert, à cause de sa forme de crochet, il faut pouvoir faire remonter un peu l’anneau du licol pour le sortir, et même s’il n’y a que 5 mm à parcourir avec la jument qui pèse de tout son poids ce n’est pas facile. Au final on doit se mettre à deux pour porter la tête (c’est vachement lourd) en douceur, pendant que l’autre fait sortir l’anneau du mousqueton. Lorsque c’est finit on pause délicatement la tête de la jument au sol et on s’écarte, elle se relève tranquillement et va brouter.
Tout ça pour dire que même dans de très bonnes conditions il peut y avoir des problèmes, on a eu vraiment beaucoup de chance que cette jument se comporte aussi bien. Un grand bravo à son cavalier car la façon dont un cheval régit en situation de crise dépend en grande partie de ce que son propriétaire lui a appris.

samedi 17 janvier 2015

Le cheval de la nature

C’était à l’époque où je montais en club. Je prépare mon cheval, quand un « troupeau » de petites filles (à vue de nez de 6 ou 8 ans) arrivent. Elles sont assez excitées et me racontent le cours d’obstacles qu’elles ont eu deux heures plus tôt. L’une d’elle me dit alors que son cheval a « escaladé » l’obstacle au lieu de le sauter. Je suis surprise et je lui fais répéter, elle me dit à nouveau « escalader ».
Elle voit que je ne comprends pas et commence un mime : « au lieu de sauter », elle me montre en mettant ses deux bras devant elle et fait un petit bond pieds joints, « il a escaladé » elle monte son bras droit et son genou gauche, puis monte son bras gauche et son genou droit. Là je comprends très bien son geste, le cheval qui devait arriver au trot a enjambé la barre. Mais c’est vrai qu’à travers son mime avec les bras on peut presque comprendre qu’elle ait pu penser à de l’escalade.
Bref, j’ai compris ce qu’elle me disait, mais elle semble assez perplexe que son cheval ait fait ça. Du coup je lui explique : « Tu sais dans la nature les chevaux sautent très peu, s’ils doivent franchir un obstacle ils font au plus simple. S’il suffit de l’enjamber ils ne vont pas faire un énorme saut », elle me regarde droit dans les yeux et me dit « Ha bon, celui-là c’est un cheval qui vient de la nature ? »… Oh purée dans quoi je me suis fourrée moi… je regarde autour de moi, mais bizarrement les monitrices et les mamans ont toutes des trucs très importants à faire et je me retrouve seule face à cinq paires de grands yeux innocents qui me fixent. Flippant !
Ma réponse a été un truc du genre « Oui… alors…hum… Pour toi ils viennent d’où les chevaux ? Les abeilles les fleurs ça te parle ? Non parce qu’après tout c’est quoi qu’on appelle la nature… enfin je veux dire… Tu vois ? Non tu vois pas… La nature, en fait je parlais de son instinct, son hérédité, non laisse tomber c’est trop compliqué…euh …euh… OUI il vient de la nature ce cheval. Excuse moi je suis en retard j’y vais »
Ben oui ça m’a fait flipper ces 10 grands yeux fixés sur moi au milieu des boucles blondes et des barrettes roses.

Ça m’a rappelé la fois où bien plus jeune je lisais un BD, style Tintin, tranquille dans mon coin. Mes tous jeunes cousins étaient venus s’assoir avec moi et m’avaient demandé de leur lire. Je leur avais proposé d’aller leur chercher un de leurs livres, plus adaptés à leur âge, mais non ils voulaient celui-là. Je posais donc le doigt sur l’image où j’étais et je lisais les bulles à voix haute.
A un moment l’un d’eux m’interrompt et me dit « c’est quoi ça ? » en me montrant une petite statuette en bois. Et moi comme une grande naïve inexpérimentée que je suis-je lui réponds « C’est leur Dieu », et là il me demande « c’est quoi un Dieu ? ». Et là grosse panique !! Je leur dis « tu ne veux pas qu’on demande à ta maman ? », il me répond « ben non pourquoi ? Tu sais pas ? ». Je bafouille une réponse en espérant ne pas choquer la culture de leurs parents que j’imagine athées ou déistes. Je vois dans leurs yeux qu’ils n’ont rien compris à ce que j’ai dit… Mais heureusement ils sont à un âge où il y a plein de choses qu’ils ne comprennent pas, alors ils haussent les épaules, me montrent l’image suivante et me disent « lis la suite ». Ouf sauvée…

vendredi 19 septembre 2014

Les chevaux sont myopes, mais ils se débrouillent

Peut-être l’ignorer vous, mais les chevaux voient plutôt mal. Ils ne voient pas les détails, ils n’en ont pas besoin, dans la nature au moindre bruit suspect ils se sauvent.
Ce jour-là nous profitons d’un spectacle équestre d’une personne très connue qui nous offre un spectacle magnifique. Il arrive sur son cheval à cru, fait quelques numéros, puis arrête le cheval face à nous et lui enlève son filet. Il l’enroule et l’attache soigneusement, ça fait un petit paquet qu’il laisse délicatement tomber par terre. Ensuite il fait divers numéro monté sur son cheval, puis à pied.
A la fin du numéro il va pour partir et lorsqu’il arrive à une extrémité de la carrière qui est rectangle, il fait comme s’il venait de souvenir qu’il avait oublié quelque chose. Il s’arrête en se tapant le front, le cheval qui le suivait fait un beau pile, c’est un superbe animal à la robe dorée et avec de longs crins blond, il est vif comme tout. L’homme fait demi-tour pour regarder la carrière d’où il vient, le cheval se retourne aussi. Il trépigne, il sait qu’il doit aller chercher quelque chose et qu’ensuite le numéro est fini. L’homme lui fait, signe, il bondit, puis dans un petit trot très classe et très dynamique va vers le centre de la carrière. On le voit ralentir et commencer à regarder où est son filet. Nous le voyons très bien, il fait une petite boule de couleur ocre. Mais le cheval semble ne pas le voir, en effet la carrière de sable gris a vu passer de nombreux chevaux toute la journée et elle n’est plus plate du tout, elle est couverte de creux et bosses. De plus elle est couverte de petite feuille d’automne jaune.
Le cheval s’est arrêté dans une zone toute jaune à cause des feuille, le filet est devant lui dans une zone où il y a moins de feuilles, mais il ne le voit pas. Il se retourne vers l’homme qui s’est approché pour voir où était le problème, l’homme lui fait un signe d’encouragement. Le cheval repart tête basse, il n’est plus du tout sûr de lui. Il regarde à nouveau l’homme, qui l’encourage toujours. Il avance au hasard et soudain, il retrouve sa superbe, il redresse la tête, l’œil vif et se dirige avec son joli trot vers un point devant lui. Il s’arrête net et ramasse par terre…. Une feuille jaune un peu plus grosse que les autres, il la tient à la bouche et la ramène tout fier à l’homme ! On voit dans son attitude à quel point il est fier d’avoir résolu son problème.
Tout le monde rigole, l’homme prend la feuille et renvoie le cheval à la recherche du filet. Cette fois il l’accompagne pour le guider dans la bonne direction. Soudain le cheval voit le filet, il se jette dessus le ramasse et retourne fièrement voir l’homme. L’homme le félicite chaleureusement et ils sortent tous les deux de la carrière, avec la satisfaction du devoir accompli.

mardi 24 juin 2014

Achat de mon cheval : 6° partie

Ma jument
Il restait donc une annonce à laquelle je n’avais pas répondu, une jument grise vendue par des gens… qui me font froid dans le dos. Quand j’avais environ 17 ans je montais dans une ferme équestre sympathique. Des amies de lycée m’ont dit qu’elles allaient faire un stage d’une semaine dans un autre club, j’ai demandé à mes parents s’ils pouvaient me le payer, ils ont accepté. J’ai découvert là bas un autre monde, un monde où on n’aime pas les chevaux et où ça s’affiche clairement. Un cheval de 16 ans avait un coup de vieux et c’était clairement dit que s’il ne se bougeait pas il partait à l’abattoir. Ailleurs on peut essayer de les placer ces chevaux, ou au pire si on pense à les abattre on ne le crie pas sur tous les toits… A l’époque je devais bien peser plus de 50 kg, un après midi pendant le stage on part faire un trotting : deux heures de montée raide, tout au trot sans étrier, soit disant pour entretenir les chevaux et parfaire l’assiette des cavaliers, c’est tout aussi intelligent que de lâcher un skieur débutant dans une piste très raide avec des bosses et de lui dire « c’est comme ça qu’on progresse, démerde toi ». Ils m’avaient donné un poney d’environ 1m30. Après tout pourquoi pas, un poney entraîné, pas trop vieux et en bonne santé peut porter un adulte quelques temps. On m’avait aussi donné une cravache en me disant « il est fainéant ». Soit. On part, c’est vrai qu’il n’en rame pas une le poney, on se retrouver vite loin derrière. Au bout de 10 min je n’en peux plus je remets mes étiers, le poney et moi allons mieux, mais il traine toujours. Je m’énerve, je cravache, le poney ne réagit pas, alors j’arrête. Puis arrive une piste en herbe à plat, tous les chevaux devant moi partent volontiers au galop, mon poney panique de se retrouver seul mais semble incapable de prendre le galop. Là je me dis « Il n’est pas fainéant, il a un problème ce poney », j’arrête donc de m’énerver et je l’encourage en douceur. Arrivé enfin en haut on me fusille du regard car tout le monde à du m’attendre. On redescend. De retour au club je m’occupe du pauvre poney qui semble bien naze et un monsieur s’approche et me dit « il est drôlement gentil se poney n’est ce pas ? Déjà si brave alors qu’il n’a que 2 ans ». Là j’ai juste eu envie de rentrer chez moi pour pleurer. A cet âge cette pauvre bête n’aurait rien du faire d’autre que des promenades au pas de 15 minutes, avec pas plus de 25 kg sur le dos. J’en étais malade. J’ai entendu par la suite toutes sortes d’histoire bien horribles sur ce qui se passait là bas. Ils ont d’ailleurs arrêté d’être club, et quand on n’aime ni les gens, ni les chevaux, c’est mieux. Ils faisaient à présent pension et marchands de chevaux.
Bref je n’avais pas envie de les appeler pour l’annonce. L’amie qui m’a accompagné voir le pie de Savoie m’a incité à le faire. Elle m’a dit que s’ils avaient la réputation d’être des gens bornés et sans cœur, le commerce de chevaux était leur principal gagne pain, que si je disais que j’allais mettre le cheval à quelques kilomètre de chez eux ils feraient attention à ne pas me vendre n’importe quoi. Je me lance donc et j’appelle. Au téléphone la voix de la femme me glace le dos, une voix dure et autoritaire qui me rappelle l’époque du stage. Je prends rendez vous pour la jument grise.
Arrivé là bas, la femme vient m’accueillir, elle me dit qu’en même temps que moi une autre dame fera un essai pour une autre jument, elle nous emmènera toute les deux en balades. En préparant les juments je parle à l’autre cliente qui prépare une jument pie alezane. Elle me dit qu’elle a acheté ici un poney de sport à sa fille pour qu’il fasse de la compétition. Qu’il est en pension ici, et qu’il est demi papier. (Demi-papier ça n‘existe pas ou plus, ça veut dire qu’elle s’est faite avoir, le poney ne fera pas vraiment de la compétition). Maintenant elle veut aussi un cheval pour elle, elle voudrait un pie noir aux yeux bleus avec une logue crinière car elle aime peigner les crinières. Elle ne sait pas bien monter à cheval et a peur des chevaux.  En l’absence de la vendeuse je lui glisse que peut être ce qu’il lui faut c’est prendre un gentil vieux cheval en retraite, si elle aime faire des câlins et pas monter, elle n’est pas obliger de monter. Mais non elle veut un beau jeune cheval…
On va dans le manège pour monter, il y a nous deux, la vendeuse et une cavalière qui nous accompagne pour donner un coup de main. Je monte la jument, quand le me penche en avant pour vérifier la sangle pour régler mes étrier, elle réagit immédiatement, elle recule ou par en pas de coté. Elle est très, très vive ! Je me demande si c’est la jument qu’il me faut, je suis dans une phase où j’ai plutôt besoin d’être rassurée. La balade à quatre se passe plutôt bien pour moi, l’autre cliente est dans le doute et la peur. A un moment on se sépare, la vendeuse et l’autre cliente prenne la route et vont nous attendre plus loin, moi je prends un chemin qui monte bien, avec la cavalière pour tester la jument au galop. La cavalière est devant moi sur son immense cheval de CSO, elle prend le trot puis le galop. Ma jument part comme une furie, le chemin est étroit, de chaque coté il y a le talus très raide, à droite c’est l’aval, à gauche c’est l’amont. La jument parviens à sauter dans le talus pourtant escarpé et doubler le cheval. J’ai le temps de voir la cavalière essayer d’attraper les rênes de ma jument, et de lui hurler, « non mais vous êtes folle vous aller vous tuer, laissez la  faire ». La jument double le cheval et revient sur le chemin, elle court à fond la caisse mais ne semble pas folle ou trop dangereuse. Arrivé en haut elle s’arrête d’elle même. On rentre dans le calme. Je dis à la vendeuse que la jument n’est pas ce que je cherche que je veux un cheval plus posé. Je vais pour rentrer chez moi, mais elle me dit qu’elle en a d’autre. Il y a la pie que j’ai vu ce jour là, que l’autre cliente ne semble pas décidé à acheter. Elle a 5 ans, est très calme, elle a déjà fait du club, elle a plus d’expérience en carrière qu’en extérieur, mais elle va déjà bien dehors. Elle doit aussi en faire venir une autre de 6 ans qui a plus d’expérience en extérieur.
Je reviens donc le week end suivant. L’autre jument est … mais oui grise !!!! Ceci dit la pie alezane a beaucoup de blanc, donc je n’aime pas trop, mais le peu de couleur qu’elle a est alezan brulé, donc ça j’adore de plus elle a une très jolie tête légèrement arabisé. J’essaie les deux en carrière, la pie s’incurve un peu dans les angles, alors que la grise ne comprends pas trop ce qu’elle fait là. Pour la pie elle me donne une cravache car elle est bien molle. Bon en carrière la pie va un peu mieux, mais ce n’est pas non plus l’euphorie. On part en balade. La vendeuse monte son cheval et la cavalière qui nous avait accompagnées l’autre fois monte une des juments. Je commence sur la pie. La cavalière se marre ça faisait longtemps qu’elle n’était monté sur un cheval aussi petit, mais elle trouve que la jument grise avance avec volonté et sans peur. On fait du pas, un peu de trot. Puis on change de jument, je monte la grise. On arrive au chemin de galop en montée où je m’étais fait embarquer l’autre fois. La cavalière sur la pie est derrière moi, la vendeuse devant. La vendeuse prend le trot, ma jument se dit « ha on trotte, d’accord, j’y vais », mais elle fait bien attention d’enjamber correctement les racines. Puis la vendeuse prend le galop, ma jument se dit « ha on galope maintenant, d’accord, j’y vais ». Le grand cheval de la vendeuse va plus vite que ma jument, l’écart se creuse, ma jument voit ça et se dit « ha, en fait on galope plus vite, d’accord j’y vais », elle allonge progressivement le galop, jusqu’à ce que l’écart arrêt de se creuser, mais c’est tout, elle reste loin derrière l’autre cheval avec son galop un peu plus allongé mais très calme. Elle rejoint tranquillement l’autre cheval, et là je me dis « hou voilà un très, très bon point pour elle ». On rentre calmement, j’hésite quand même longtemps entre les deux.
Je me décide finalement pour la grise, son absence esprit de compétition, fait partie des critères qui ont fait basculé la balance. Je reviens la semaine suivant avec mon mari et l’amie qui était déjà venue voir le pie de Savoie. Je leur dis que la jument est bien est calme mais qu’en carrière elle galope très vite, je ne comprends pas pourquoi. Lorsque je la mets au galop dans la carrière, mon mari me dit « je n’ay connais rien en chevaux, mais elle ne va pas vite ». Mon amie se marre et me dit « elle ne va pas vite, mais elle manque d’équilibre et se couche dans les virages, alors tu es secouée dessus ». La jument se comporte bien alors on va faire le teste en extérieur toute seule. Je ne sais pas si j’ai envie que ça marche. J’en ai marre de tous ces essais et tous les chevaux que j’ai vu avant ont été des déceptions, mais elle, bof… elle n’est pas belle, pas marante, pas classe, pas câline… C’est juste qu’elle na pas de gros défaut… En balade ça se passe bien, elle regarde tout au cas où, mais ne semble pas avoir peur. Je pars volontairement dans des rues du village qui sont des culs de sac, comme ça je me dis qu’elle n’a jamais du y aller, elle reste tranquille. Bon ben voilà ce sera elle, je rentre quelques jours plus tard elle passait la visite véto et elle était à moi.
Une jument indépendante, avec son caractère, pas difficile car pas dominante, mais pas facile car têtue et qui a parfaitement conscience de n’avoir besoin de personne. Pas une « bonne » jument de loisir, car aucune motivation pour le jeu et la nouveauté, tout doit être travaillé et préparé, mais avec un travail sur la confiance et le respect, on progresse. Une excellent jument de rando : le pied sur, s’économise, ne se met jamais en danger, même dans un près avec des barbelés, des trous, de l’électricité, un point d’eau difficile d’accès. Des débuts en carrière difficile avec des moniteurs qui ne savaient pas comment prendre cette jument sans impulsion, ça prenait la voie « cravache éperons » jusqu’à la rencontre avec un moniteur qui a tout changé, qui m’a montrer  comment on peut faire trouver du confort dans le travail même au cheval le plus déterminé à économiser son énergie du monde !
Bref après toutes ces aventures je n’ai pas trouvé le cheval de mes rêves, (mais je n’avais pas on plus un budget à rallonge,) mais j’ai trouvé le cheval de ma vie. Et je crois qu’elle n’a pas trop à se plaindre non plus de la vie que je lui offre.

samedi 21 juin 2014

Achat de mon cheval : 5° partie

Le pie de Haute-Savoie
Pour celui là j’avais étalé mes recherches plus loin géographiquement. L’annonce parlait « d’un superbe pie alezan aux yeux bleus, expérimenté ». Sur la photo on voit qu’il est en train de grisonner, mais finalement j’avais renoncé à un cheval pas gris…
Au téléphone le vendeur me fait une impression agréable, il est très enjoué et me raconte comme le cheval est volontaire et joueur, un des préférés des cavaliers du club. Quand on le laisse dans le manège il joue avec les quilles.
Après une très, très longue route, j’arrive dans un  petit club, où je suis bien accueillie. Le vendeur m’emmène chercher le cheval au box, je le prépare et on va dans le manège. Le cheval a été très sage. Il a un look spécial, un pie alezan qui grisonne ça fait pie rose. De plus une de ses oreilles a été comme coupée, comme si quelqu’un avait découpé une bande de 3 mm sur tout le tour. Ca se voit car elle est un peu plus petite que l’autre, et surtout la bordure est très fine et les poils qui sont implantés jusqu’au bord, dépassent. Le vendeur ne sait pas ce qui s’est passé.
Arrivés dans le manège il monte le cheval (c’est donc le seul, de tous les vendeurs qui a monté son cheval or ça devrait toujours être le cas !!). Ca se passe bien, il me montre comment il met le cheval en place, quelques figures simples dans le calme. Il fait beaucoup d’équitation western et me montre d’autres chevaux dans le manège qui font le « stop » juste à la voix. Bien sur ce cheval n’en a pas encore le niveau mais il insiste sur l’importance de la légèreté. Pour l’instant tout me plait je suis sur un petit nuage ! Je monte le cheval tout se passe très bien, il est très agréable. Je souhaite l’essayer en extérieur, mais il y a vraiment beaucoup de neige et surtout de glace, car le club est un peu en altitude, le vendeur est un peu inquiet pour moi. Comme la météo annonce de « grosses chaleurs », on convient que je reviens la semaine suivante. C’est bien ça me permet de faire un nouvel essai.
Comme je crois vraiment à ce cheval, la semaine suivante je reviens avec mon mari et une très bonne amie qui a accepté de venir me conseiller. Lorsque j’arrive, le club a une autre allure sans neige. Les chevaux ont été mis au pré. On m’explique comment aller le chercher et j’y vais seule. Il est dans un pré avec 3 autres chevaux. Je l’attrape sans problème, mais pour le sortir j’ai beaucoup de mal à passer le portail il ne veut pas être séparé des autres. Il faut marcher un peu pour rejoindre le club, il brasse tout le long. A l’attache et dans le manège tout se passe bien. Il plait à mon mari et mon amie. Je pars doc l’essayer en balade. On prend le chemin qui passe devant son pré, au début tout va bien, mais quand on dépasse son pré je le sens très tendu. Obéissant, mais en mode cocotte minute qui va exploser. Le chemin mène à une route qu’on prend, je vais le long d’un champ puis je fais demi tour. J’ai un gros doute, avant ça j’ai passé deux ans avec un cheval qui avait peur de tout en balade et j’ai vraiment envie d’un cheval qui part seul sans problème. D’autant plus que je garde en moi un gros stress lié à cette précédente expérience.
Le retour se fait entièrement en descente, le cheval trottine et s’excite un peu, la pression monte dans la cocotte minute. Nous sommes sur la route et nous devons prendre le chemin, qui passe devant son pré et ramène au club. Ce chemin est à ma gauche, en contre bas et il forme comme un virage en épingle, c'est à dire qu’on doit presque faire demi tour. On arrive au niveau du chemin, j’écarte ma rêne gauche et la le cheval saute dans le chemin et fait une fouée de galop. Comme j’ai encore de bons reflexes des deux ans passé avec l’autre cheval qui embarquait souvent de peur, j’écarte encore plus la rêne gauche et le cheval se retrouve bloqué le nez dans le talus qui est très raide, cela sur sa deuxième foulée, il s’arrête. J’ai le cœur qui bas et les jambes qui tremblent, je décide de descendre. Je me penche à peine en avant, il se sent libre et bouge près à pivoter à droite pour reprendre le galop, je me redresse ! Je me demande quoi faire : à chaque fois que je me penche en avant il réagit pour partir. En même temps, en  restant immobile il s’impatiente et commence à piaffer. Je me décide donc à descendre, je suis propre et rapide, j’arrive au sol sur mes deux jambes, les rênes dans la main, avant qu’il n’ait eu le temps de partir. Je le ramène à pied au club. Il galope sur place, sautille, s’agite. Il ne me bouscule pas franchement, il n’est pas agressif, mais il se sent mal, il a peur. Il n’est pas prêt pour moi… Moi j’ai les jambes qui tremblent et je pleure, il me plaisait vraiment ce cheval rigolo qui jouait avec les quilles, dont on s’était visiblement occupé avec respect.
De retour au club je raconte ce qui s’est passé. Le vendeur reconnait que le cheval est peu sortit seul l’an dernier et pas du tout de tout l’hiver, qu’il devait le travailler ces dernier temps et qu’il s’est laissé déborder. Si ça avait été moins loin de chez moi je serais venu monter ce cheval dans le cadre du club avec les conseils du vendeur, mais là j’avais plus de 2h de route pour y aller. On convient que de toutes manières il va devoir travailler son cheval et que si d’ici un mois je n’ai pas trouvé de cheval je le rappelle pour refaire un essai.
Mais dans la pension où je suis actuellement le propriétaire me mets la pression pour faire vite, car sinon il donne ma place à quelqu’un d’autre… En attendant je décide donc d’appeler la toute dernière annonce, il s’agissait d’une jument grise vendue par des gens que je n’aimais pas…. J’ai trouvé là bas une jument sans gros défaut je l’ai achetée, je suis sure que le cheval pie a trouvé une bonne maison.

jeudi 19 juin 2014

Achat de mon cheval : 4° partie

Un grand gris nommé mystère
Voilà j’avais fait depuis un mois toutes les annonces de chevaux pas gris du coin, en désespoir de cause j’attaquais donc les annonce de chevaux gris en commençant par les hongres. Celui là c’était un hongre gris de 8 ans. Au téléphone le mec me dit que c’est la fille qui le monte qui lui a donné son nom, il insiste pour que je l’appelle comme si elle allait me dire énormément de bien de lui. Je finis par le faire, bof la fille dit juste qu’elle s’en est un peu occupé, qu’il est gentil…
Je prends finalement RDV pour un dimanche en milieu de matinée. Le matin du jour en question je me lève tôt car je n’arrive pas à dormir et je passe le temps en allant sur le forum des cavaliers de l’Isère. Une amie à moi est connectée, on s’échange des messages. Elle n’a rien à faire et s’ennuie, elle propose de venir avec moi. Elle habite à coté de chez moi, alors hop c’est parti on y va ensemble. Encore une fois ce n’est pas la porte à coté, on se perd un peu, mais heureusement qu’elle est là et on finit par arriver.
Le mec commence par me montrer un très joli petit bai, mais qui n’a que 3  ans. Je lui dis que moi je cherche un cheval avec du métier, il me répond « mais il va très bien celui là d’ailleurs cet été il part faire les colonies avec les gosses, c’est pour vous dire qu’il est gentil et expérimenté… ». Là je me dis « ho non je suis encore tombée sur un marchand fou ». Un long blabla plus tard on finit par aller voir le près où se trouve le cheval gris, il me montre une jument pleine, puis une autre toute jeune puis… je ne me souviens plus combien de chevaux il me montre au près avant de s’approcher enfin de celui que j’étais venue voir….
Il s’approche un peu vite, veut lui jeter le licol sur la tête, le cheval fait mine de se barrer, le mec se pend à sa crinière et se fait trainer… lamentable… Le cheval finit par s’arrêter, le mec peut lui mettre le licol. On le ramène à la ferme, je lui demande qu’il le monte pour que je puisse voir. Il me dit « ha non non, je ne monte jamais à cheval moi, c’est la jeune fille dont je vous ai donné le numéro qui les monte… ». Bon il va chercher une selle, il la met sur le dos du cheval, il va chercher une sangle, elle est trop courte. Il rouspète en disant que c’est la fille, qu’elle ne range jamais rien… Il revient avec un morceau de corde et fabrique une pauvre allonge de sangle avec ça… Là je le sens très mal, je regarde ma copine car je commence à flipper, elle est très détendue, elle me dit « tu y vas ? ». Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais oui, je suis montée dessus (avec bombe et gilet dorsal comme pour tous mes essais). On fait quelques cercles au pas dans la courette en herbe de la ferme. Puis au trot, puis au galop. Au galop il lance sans arrêt de petit coup de cul, du coup  je suis pendue aux rênes, ça ne va pas du tout. (Avec le recul je pense que cette selle pas du tout adaptée devait lui faire super mal). Je vais pour descendre et rentrer chez moi, mais je croise le regard de ma copine tout joyeux et elle me fait un signe le pouce en l’air, l’air de dire « tout va bien, il te plait ? », je pars donc l’essayer en balade.
Il faut reconnaitre qu’en balade il va plutôt bien. Mais il marche la tête haute avec de petits pas vers le haut. On dirait un cheval d’exhibition qui a toujours marché coincé entre un mors violent et des éperons. Il regarde autour de lui, mais sans peur, on trotte un peu, au retour je le fais monter sur le terre plein central peint en blanc d’une petite route, il ne trouve pas ça drôle, mais il le fait. Bon, en balade il va bien, retour à la ferme.
Je le regarde bien comme il faut, sur les deux antérieurs, au niveau des paturons en face avant, il a deux molettes ou suros à droite et à gauche, je trouve ça louche. Je dis au vendeur que le cheval m’intéresse, que de toutes manières il y a aura une visite véto donc que s’il connait des soucis au cheval autant qu’il m’en parle maintenant qu’on puisse discuter tranquillement de la gravité ou non du problème. Il fait la tête quand je parle de vétérinaire, il me dit que non le cheval va bien. Je lui montre les quatre suros ou molette il répond que ce n’est rien. Je les prends en photo, je lui dis que j’appelle un véto et que je le rappelle. Ma copine a comme moi l’impression d’un cheval d’exhibition, gentil mais probablement un passé pas cool.
En rentrant on se perd complètement, mais on finit par arriver chez nous. J’envoie les photos au véto que je connais et qui ne me répond pas. J’hésite à le rappeler pour le relancer, puis finalement je renonce à ce cheval, tout cela me semble trop risqué. Je rappelle le vendeur pour lui expliquer et il me répond « ha ben c’est mieux comme ça, parce que je n’aime pas quand les gens parlent de véto. La vente d’un cheval c’est une histoire de confiance. De toute manière un cheval soit il marche, soit il marche pas… » Bon ben voilà c’est mieux comme ça !
Au moins ce jour là je n’ai pas complètement perdu ma journée, dans la voiture sur le retour mon amie m’a dit que son copain ne pouvait pas venir monter avec elle et qu’elle n’avait pas très envie d’aller se balader seule, du coup je suis allée faire une balade sympa avec elle et ses deux juments.

mardi 17 juin 2014

Achat de mon cheval : 3° partie

Le cheval au 4 mois de ferrage
Juste pour l’anecdote, je vois une annonce pour un cheval qui semble parfaitement convenir, mais sur l’annonce il est écrit « Super pieds, la ferrure dure 4 mois ». Au début je me dis, c’est un tortionnaire je n’appelle pas. Puis je me dis « ho quand même ça doit être une erreur, j’appelle ». Je l’appelle donc, il blablate longtemps sur son merveilleux cheval, quand il me laisse enfin en placer une je lui demande pour cette histoire de ferrure et il me répond tout  fier «  Oui, oui, les ferrures tiennent 4 mois ». J’ai tout de suite raccroché.

Le géant
Autre anecdote, il y avait une annonce pour un beau cheval d’1m60. Dans la branche haute de mon budget, mais c’était a priori un bon cheval avec beaucoup de sang ibérique. J’ai eu plusieurs contact, mais je n’ai jamais pu voir le cheval à cause de la neige, de ci, de ça... J’ai fini par laisser tomber. Je l’ai revu depuis, il a été vendu en Isère, en fait il s’agit d’un « géant » qui fait un bon mètre soixante dix !! Heureusement que je ne me suis pas déplacée !!

Deux juments de proprio
Dès le début de mes recherches je vois une annonce pour une petite jument baie qui se trouve sur le plateau du Vercors. Une annonce bien détaillée, on sent que c’est un particulier qui aime son animal. J’appelle. Au téléphone la nana est un peu molle, soit elle vient de fumer un pétard, soit elle hésite. Après si elle hésite, hésite-t-elle car elle ment ou parce qu’elle n’a pas très envie de vendre son cheval ? Après les questions de routine je demande si la jument part seule en balade et si elle n’est pas peureuse. Elle me répond qu’elle part seule, mais que les trucs bizarres lui font peur, mais comme pour tous les chevaux. Je lui réponds que si ce n’est pas exagéré au point de poser problème ça me va. Elle est vraiment hésitante (ou droguée). Je lui demande si je peux venir la voir. Pas tout de suite, ils ont encore de la neige sur le plateau et la proprio n’est pas trop libre ce week end là, je dois la rappeler. Je la rappelle plusieurs fois, en laissant à chaque fois un message poli expliquant la raison de mon appelle, pas de réponse… Je finis pas lui laisser un message où je demande, s’il y a un problème, pas de réponse. Je finis par laisser tomber. Plusieurs semaines plus tard je revois l’annonce publiée avec une date récente. Je me dis qu’elle hésitait à vendre mais que maintenant elle est décidée. J’appelle à nouveau laisse mes coordonnées, elle ne m’a jamais rappelé….
Une autre annonce du même type, bien détaillée d’un particulier qui aime son animal. Les échanges se font par mail, la personne me dit qu’elle préfère le mail au téléphone car elle travaille tard. Elle me décrit très bien sa jument une trotteuse avec laquelle a fait un bon travail de dressage. Elle me parle tellement bien de sa jument que je me demande la raison de la vente, mais au fil du temps vu que tous les mails que je reçois elle les envoie tard le soir en sortant du boulot, je me dis quelle doit trop bosser et ne pas avoir le temps de s’en occuper. Quand j’envoie un mail elle ne me répond que le soir tard, moi je réponds le lendemain du coup ça dure un peu. Après quelques jours d’échange je décide de passer la voir le week end suivant, on est lundi ou mardi. Elle est d’accord, je lui demande quand je viens, samedi ou dimanche ? matin ou après midi ? Elle me répond samedi. Le lendemain je lui réponds matin ou après midi ? vers quelle heure ? où êtes vous ? Elle me répond le matin vers 10h. Je lui dis d’accord, dites moi où vous êtes. Le vendredi soir je n’ai toujours pas de nouvelle… bon… par mail et sur son répondeur je lui dis que samedi je me lève tôt comme pour aller la voir et que si d’ici là elle m’a répondu par mail en me donnant l’adresse je viendrai. Le samedi matin rien… Le samedi dans la journée je lui écris pour savoir si elle veut que je vienne dimanche, rien… Je lui envoie un dernier message en lui disant que la jument m’intéresse et que si elle souhaite que je vienne la voir, elle me contacte. Je n’ai jamais eu de retour.

lundi 16 juin 2014

Achat de mon cheval : 2° partie

Le DSA pie et la jument surprise
L’annonce concernait un Demi Sang Arabe pie noir à 3 000 € de 6 ans. J’appelle pour prendre RDV, l’homme au téléphone me dit qu’il a aussi une jument de 10 ans qui pourrait m’intéresser, il dit que les gens qui lui ont vendu on prétendu que c’était une barbe, mais que comme elle n’a pas de papiers, il ne préfère pas s’avancer. Il ne m’a pas dit quelle robe, j’en déduis qu’elle est grise ou peut-être alezane.
Pour y aller c’est la galère, c’est loin, c’est long, je me perds… Du coup j’en envie de faire pipi, donc je m’arrête et je fais dans la neige, parce que, oui, dans ce coin il y avait encore de la neige en avril… On n’appelle pas ça les terres froides pour rien. Heureusement en arrivant chez le gars je découvre que chez lui il n’y a pas de neige. Bon du coup ce n’est pas sa faute mais j’arrive un peu de mauvais poil.
En arrivant il vient m’accueillir et me dit « Concernant le Demi Sang Arabe à 4 000 €, (4 000 € !!!! Pour être honnête c’est dans le prix du marché si le cheval a des papiers, part seul et a de solides bases et quelques capacités, mais moi j’avais 3 000 € en tête !!), et attendez la phrase n’est pas finie. Je la reprends : « Concernant le Demi Sang Arabe à 4 000 € des gens me l’ont réservé (moi intérieurement : non mais quel con tu m’as fais faire tout ce trajet pour rien), mais bon c’est juste à l’oral, hein tant que ce n’est pas signé ce n’est pas sur ». Il me fait un grand sourire (Connard !). Je lui fais quand même remarquer qu’il aurait pu me le dire que le cheval était réservé, je serai venue plus tard s’il n’était pas pris. Il me répond « mais c’est pas grave j’en ai d’autres à vous montrer » (ben voyons ! connard !).
On se dirige donc vers ses boxes il me montre un trotteur réformé des courses, un géant d’1m70. C’est juste pas possible que j’arrive à monter dessus, je le lui fais remarquer, moi je cherche 1m50 à 1m55. Il me répond que les trotteurs ont mauvaise réputation alors que ce sont des chevaux formidables. Oui mais lui, il est trop grand pour moi. En plus il les ré-éduqe, donc ils galopent bien. Oui mais lui, il est trop grand pour moi. En plus ils sont rustiques, généreux, endurants… Oui mais lui, il est trop grand pour moi !!
Au bout d’un moment, il lâche le morceau et me propose d’aller en voir un autre. Cette fois c’est un pur sang anglais, réformé des courses également. Il me dit que c’est un bon cheval de sport, avec un bon galop. On rentre dans le box et … il est encore plus grand que l’autre, je peux presque passer sous son ventre !!! Il me refait son baratin de vente. Oui mais lui aussi il est trop grand pour moi. Après avoir parlé un long, long moment, il finit par renoncer. Enfin !
On finit par se diriger vers le près du DSA pie et de la jument dont il m’a parlé. On arrive, les chevaux, une petite dizaine, viennent nous voir. Il s’approche du DSA, le cheval fait mine de fuir, il se jette sur lui et le chope par la crinière. Le cheval prend le trot, lui se fait trainer sur 5 m avant de lâcher… Ok là j’ai juste envie de m‘enfuir.
Il me montre alors la jument dont il m’a parlé, de loin bingo elle est grise, chuis trop forte. On s’approche, le bon point c’est qu’elle ne s’enfuit pas. Par contre la jument qui est peut être barbe... comment dire… Imaginez un percheron nain d’1m45 et gras comme un cochon, donc aussi large et haut, et bien voilà vous y êtes presque. Rajoutez un dos creux et vous êtes arrivés ! Je lui dis que je cherche un cheval plus léger et je m’enfuis en courant.




L’arabe noir et l’alezane…
J’étais en contact avec un club depuis deux semaines pour une alezane avec papier, la race n’étant pas écrite dans l’annonce j’en ai déduis qu’il s’agissait d’un trotteur. Je devais la voir un samedi matin, mais à cause de la neige ils n’avaient pas pu la ramener au club. Lorsqu’ils m’appellent le vendredi soir pour me prévenir, on se dit que je reviendrais le samedi suivant. La semaine suivante je rappelle dès le jeudi pour fixer un RDV mais je n’arrive pas à les joindre.
Le vendredi soir je vois une annonce : pur sang arabe noir 3 000 € en Isère. Pour un cheval à papier et sans problème c’est carrément en dessous du prix du marché, il vaut facilement de 4 000 à 6 000 €. L’annonce vient juste de sortir, j’appelle. Je me dis que ça doit être un cheval vaguement arabisé bai brun qu’ils font passer pour un pur sang arabe. Mais non, au téléphone le monsieur m’explique que c’est un cheval plein papier, sans problème, mais qu’ils veulent qu’il soit bien dans sa nouvelle maison, j’ose à peine y croire. Il a déjà fait des courses d’endurance donc il a de l’expérience, il a de plus un excellent cardiaque. Je propose de passer le voir le lendemain, comme j’espère encore voir l’alezane le matin je propose de passer à 16h.
Finalement impossible de joindre le club, j’ai renoncé définitivement à cette jument alezanne…
En début d’après midi je pars donc voir le cheval de mes rêves, enfin j’espère. Il y a quand même une heure et demie de route. J’arrive pil poil à l’heure. Arrivée devant la maison j’appelle sur un portable pour signaler ma présence. La dame me répond « Mon mari va s’occuper de vous je suis en train de faire essayer le cheval » ! Je ne trouve aucun mot pour exprimer ce que j’ai ressenti à ce moment là, ça ressemblerait à « PUT@INDEB@RDELDEMERDE VOUS POUVIEZ PAS LE DIRE AVANT QUE JE ME TAPE LA ROUTE ». Quand le mari vient me voir je lui fais remarquer que ce n’est pas respectueux de m’avoir fait faire toute le route si le cheval risque d’être vendu. Il me dit que j’ai appelé la première hier soir, mais que les gens viennent de Marseille et qu’ils allaient dans le nord, qu’ils ne pouvaient l’essayer que ce jour là à cette heure là, qu’ils sont très motivés car il a un bon cardiaque donc il fera un bon cheval d’endurance… mouaipf, même si cette histoire est vraie je lui fait remarquer que comme il savait que moi j’habitais à Grenoble, ils auraient pu m’appeler pour me prévenir et que si le cheval n’était pas pris j’aurai pu passer le dimanche… « Mais mademoiselle, ne vous décourager pas ils ne vont peut être pas le prendre… » « PUT@INDEB@RDELDEMERDE » !!
Bref en attendant il me raconte sa vie et celle de leurs chevaux. Sa femme et lui ont pris de long congés parentaux, ils ont eu 4 chevaux arabe et ont fait de l’endurance. Maintenant qu’ils ont repris tous les deux le travail ils n’ont plus temps de s’occuper de ces quatre chevaux. Ils en ont déjà vendu un et maintenant ils vendent celui là. Ils gardent une jument au mauvais caractère qu’ils jugent un peu dangereuse pour être vendue, ainsi qu’une pouliche qu’ils ont fait naitre. En me racontant ça on se promène autour de leur magnifique maison et on voit la pouliche qui fait des aller retour de mauvais poil dans son près, en effet elle n’est pas ravie de se retrouver seule. Tout cela m’a l’air sincère. Je n’en suis que plus malheureuse de risquer de rater ce cheval…
Lorsqu’ils rentrent, la femme du monsieur sur la jument, et une jolie jeune blonde sur le cheval noir, je vois que c’est mort, elle a le sourire jusqu’aux oreilles. Elles viennent me dire que la fille prend le cheval, et tout le monde se met à discuter, je n’arrive pas vraiment à m’éclipser, car je ne voudrais pas avoir l’air impolie. Maintenant avec le recul, je me demande bien pourquoi... A un moment la vendeuse me dit « vous voulez peut être aller le mettre au box », comme si ça pouvait me faire plaisir. Je dis oui et j’emmène mon rêve dans son box. Je suis quand même contente de l’avoir vu, c’était vraiment une claquette et même s’il est juste sublime je me dis qu’il est quand même un peu fin. Je le mets au box, il est super gentil… La jument est déjà au box. En sortant j’entends un cheval tiquer à l’appui je me retourne pour voir lequel des deux a fait ça, mais ils sont tous les deux immobiles au dessus de leur porte. Je me console en me convainquant que c’était le petit noir qui tiquait et je prends ma voiture pendant que sa future proprio continue à parler le sourire jusqu’aux oreilles. Je me sens triste, furieuse, dégoutée, et je me demande si je m’en remettrais un jour…
En fait oui, ma jument n’est pas belle mais je me marre bien avec….

dimanche 15 juin 2014

Achat de mon cheval : 1° partie

 Introduction
Quand j’ai cherché mon cheval j’avais deux critères importants :
La taille : pas trop grand pour que je puisse monter dessus sans trop tirer sur mes bras pour ne pas lui démonter le dos, pas trop petit pour que monsieur Jimie puisse monter dessus. Pour que le cheval puisse aussi porter des charges un peu lourdes toute une journée en rando et enfin pour que je puisse trouver ma place en dressage sans trop déborder de partout.
Un cheval « loisir », c'est à dire assez cool et sympa, plutôt rustique, bien dans ses pompes, pas trop tordu et avec un peu d’expérience.
Sur ces deux critères vous allez voir que je n’ai rien lâché. J’avais aussi des préférences : plutôt un hongre car les juments sont plus chères et ont parfois des problèmes de santé ou de comportement liés à leurs cycles hormonaux. N’importe quelle robe sauf gris, j’ai toujours trouvé ça moche et en plus c’est salissant. De préférence un dos court, ça fait moins d’ennuis, mais surtout pas de dos long….Vous connaissez Only ? :-) vous savez donc ce que j’ai….


Le Hongre et la jument qui n’était pas chez un marchand
Il y a avait deux annonces dans la drome, pour un même numéro de téléphone :
- Un hongre Palomino de 6 ans d’environ 1m50, parfait pour le western
- Une jument baie de 8 ans, d’environ 1m60, hispano arabe
Les deux chevaux sont sans papier et vendus 3 000 € chacun ce qui était largement au dessus du prix du marché. Donc lorsque j’appelle pour savoir si les deux chevaux sont toujours à vendre, je fais remarquer qu’à ce prix là ils doivent être bien dressés.  Je demande s’ils partent seuls en balade, s’ils sont sur la main en carrière avec de belles transitions en équilibre, s’ils font des épaules en dedans, on me répond que oui. Je demande alors un RDV pour venir les voir, et là le mec me dit « vous savez, c’est une écurie de proprio, on n’est pas marchand de chevaux »… là je suis perplexe je n’ai rien demandé, et dans l’absolu ça ne me gène pas que ce soit un marchand s’il est correct. Bref je suis comme deux ronds de flans, et je demande juste quand je peux venir voir les chevaux.
Maintenant avec le recul, je peux vous le dire j’aurai du me méfier de cette remarque…. Bref, toute naïve que j’étais à l’époque j’y vais.
Lorsque j’arrive un monsieur m’accueille et me dit, « la jument est en cours avec la monitrice, on va voir si vous pouvez la monter ». On descend dans une petite carrière couverte d’obstacle où deux cavalières sont à cheval avec une monitrice. Le monsieur explique que je suis là pour essayer la jument et la monitrice décide d’interrompre le cours et me permet de l’essayer tout de suite. Je remercie sa cavalière et je demande à la monitrice de la monter, car en effet lors de l’achat d’un cheval il faut toujours voir le vendeur monter le cheval avant de mettre ses fesses dessus. Ainsi, si on juge le cheval dangereux on ne monte pas dessus. Mais le vendeur et la monitrice insiste pour que je la monte moi même, en me disant que je suis en parfaite sécurité avec une bonne jument une bonne monitrice.
Bon, je monte dessus : première constatation « yes ! 1m60 j’arrive quand même à monter dessus », bon en réalité elle devait faire moins que ça. Deuxième constatation, ils lui ont attaché un truc bizarre à la muserolle pour faire une martingale fixe. Aïe, donc ça veut dire qu’elle lève la tête assez pour que ça les saoule, et qu’en plus ils lui ont mis un truc qui non seulement n’a jamais ré-éduqué un cheval mais en plus à tendance à les inciter à tirer encore plus en leur offrant un point fixe. Je la mets au pas, rênes longues, elle se met au trot. Je lui demande de repasser au pas, elle s’exécute, je rends les rênes, elle repasse au trot. On recommence comme ça 4 ou 5 fois puis je renonce. Je la mets au trot, puis je me détends, je rends légèrement les rênes, elle passe au galop. Je la repasse au trot et dès que je relâche elle repend le galop, encore une fois, toujours la même chose. Là ça commence à me taper sur les nerfs. Je vois tous les obstacles autour de moi et je me dis que si ça fait une heure qu’elle galope pour aller sauter, elle est peut être en mode galop. Je demande quels exercices étaient en cours et comment ça se passait. La monitrice me dit alors qu’ils n’avaient pas commencé, qu’ils n’en étaient qu’à la détente. Je descends : 3 000 € pour un cheval qui n’est même pas capable de rester dans l’allure demandée ! Il ne faut pas pousser mémé dans les orties, pour moi elle vaut deux fois moins.
La monitrice continue son cours et le monsieur m’emmène voir le hongre. Un joli petit bout de truc. Il est à coté de deux jument France Montagne de 10 et 12 ans, soit disant plein papier. Elles ont à 2 500 € chacune je trouve que ce n’est pas cher pour du plein papier, et qu’elles ressemblent plus à des mérens que des France Montagne, mais il soutient mordicus qu’elles sont France Montagne plein papier. Elles sont de toutes manières plus lourdes et plus âgées que ce que je cherche.
Je passe un long moment avec le hongre car je dois attendre que la monitrice ait finit son cours pour aller monter sous sa responsabilité. Du coup je l’emmène faire un petit tour en main sur le parking, je le trouve plutôt sur l’œil pour un cheval qui part seul en balade. Ceci dit tout le temps que je passe à le brosser et à le câliner est très agréable, de plus il est esthétiquement très beau avec sa robe dorée et sa longue crinière, je me dis que si ça ne colle pas ça va me crever le cœur. J’essaie de garder la tête froide. Je finis par aller enfin dans la carrière et là c’est exactement le même scénario qu’avec la jument : du pas il prend le trot sans interruption et du trot il prend le galop ! Je descends en disant qu’au téléphone on m’avait parlé de chevaux en place aux trois allures, qui faisaient des épaules en dedans, super éduqués ! (j’aurai du demander s’ils passagaient et piaffaient aussi, le mec m’aurait surement répondu oui et j’aurai cerné le personnage, ça m’aurait évité un déplacement). La monitrice a l’air gênée, je lui dis qu’il y a de longs mois de travail avant qu’un de ces chevaux ne vaillent 3 000 €, elle le reconnait.
Avant que je parte le monsieur me montre d’autres chevaux : un géant gris tout en os, au dos aussi creux qu’une assiette à soupe, euh non merci… Puis un très bel entier bai brun, euh… oui mais il est entier là… Il me dit qu’ils viennent tous les deux d’Espagne comme les deux chevaux que j’ai essayé et là je me souviens : on n’est pas un marchand, juste une écurie de propriétaires… et la marmotte elle met le chocolat…. Il faut savoir que les marchand français font passer aux marchands espagnols des trotteurs non éduqués, et que les marchands espagnoles les vendent comme « selle français sans papier vraiment pas cher ». Et les espagnols refourguent au français toutes les carnes qu’ils ne veulent pas. Si elles ont un peu de crinière ça devient des Pur Race Espagnol sans papier pas cher… Ils ne sont pas fous, les bons chevaux ils les gardent. Bien sur il y a quelques marchands français qui vont trouver de bons chevaux espagnols, mais dans ce cas là ces chevaux sont vendus au prix du marché, et en plus ils ont vécu un très long voyage en camion dans des conditions qu’on ne pourra jamais vérifier. J’essaie de partir de là, mais il insiste pour que j’essaie une des deux Franche Montagne, il finit par arriver à m’en faire essayer une.
J’arrive dans la carrière, je me mets au pas rênes longues, elle reste au pas ! Purée c’est pas trop tôt ! La monitrice me dit que ce n’est prudent de lâcher les rênes sur des chevaux que je ne connais pas. Ca me met un peu plus en colère car je suis venu voir des chevaux normalement parfaitement éduqués, mais elle a raison et je note dans un coin de ma tête d’être plus prudente à l’avenir. Je suis piste à main gauche, au bord de la carrière, à ma droite, il y a un près avec un cheval. La jument qui est stressée d’être seule fait demi-tour par la droite pour se rapprocher du cheval. Je fais une rêne d’ouverture à gauche pour la ramener, de toutes mes forces, rien à faire, elle en répond ni aux jambes ni à l’action du mors. Je descends de cheval, la monitrice me dit « vous n’essayez vraiment pas longtemps, comment pouvez vous vous faire une opinion si vite », je lui réponds « 2 500 € ! Sincèrement vous trouvez qu’il faut des heures pour se rendre compte qu’elle ne les vaut pas. Si vous la travaillez et qu’elle répond bien aux ordres elle les vaudra peut être, mais là il ne faut pas exagérer ». La monitrice reconnait quand même que j’ai raison….
Je rentre chez moi après avoir bien perdu mon temps.

dimanche 20 avril 2014

Le véto qui ne dit que ce qu’on sait déjà

Ma jument a toujours été un peu ronde, voire grasse. Elle voit le véto au moins une fois par an. A chaque fois je me demande si elle n’est pas trop grosse, si elle va bien. A chaque fois le véto me répond «  ça va mais il ne faut pas qu’elle grossisse plus ».
Un jour un autre professionnel, un ostéo, me dit qu’elle est beaucoup trop lourde et trop grasse, qu’elle a déjà déclenché plusieurs maladies à cause de ça : fourbure (c’est un déchirement des tissus internes du pied, c’est très grave), arthrose, dysfonctionnement des reins et foie (vu à une prise de sang)…
Du coup je mets la jument au régime. Elle commence à perdre du poids. Lorsque le véto revient pour le vaccin, elle a déjà perdu un peu mais il lui reste beaucoup de gras. Comme tous les ans je lui pose la question, comme tous les ans il me répond «  ça va mais il ne faut pas qu’elle grossisse plus ». Là je lui dis « Ha oui ? Parce que suite à une discussion avec l’ostéo, on soupçonne qu’elle fasse des débuts fourbure, elle a de l’arthrose,  ainsi qu’un dysfonctionnement des reins et foie, du coup je lui ai fait commencer un régime ».
Et là le véto qui me dit « bon puisque vous en parlez elle est encore beaucoup trop lourde, on voit qu’elle n’arrive pas à se déplacer avec souplesse, ses articulations souffrent, en fait c’est un modèle qui doit rester vraiment léger »…
Put#@@ ! ça fait 4 ans que je le paie une petite fortune et que je lui demande de me dire si ma jument est trop grosse, et ça fait 4 ans que ce conn#@@ me dit que non !!!!!!!!!!! Il y a vraiment des claques qui se perdent !!!

lundi 7 avril 2014

Toute action entraine une réaction en sens inverse

J’étais en balade à cheval, seule avec une amie, à l’époque où j’étais jeune et je montais en club. Dans un délire, nous nous mettons toute les deux en amazone, en passant donc la jambe droite à gauche du cheval. Très fière de nous, nous testons notre assiette au trot. C’est marrant 5 minutes mais très inconfortable. Nous décidons donc de repasser au pas, on tend les rênes, mais voila vu qu’on est mal positionnées : sur l’avant de la selle, les deux jambes à gauche, au lieu d’avoir les mains qui viennent vers nous c’est tout le corps qui glisse vers nos mains… glups !
Les chevaux hésitent longtemps devant cet ordre bizarre et inconnu, surtout qu’ils sont cote à cote et à l’entrée de la belle piste de galop, ils songent sérieusement à faire la course, et nous… ben soyons honnête on commence à se dire qu’on a bien déconné. Heureusement les chevaux décident que ces gesticulations bizarres doivent signifier qu’il faut repasser au pas et tout rentre dans l’ordre.

mardi 25 mars 2014

Mouillée du nombril aux chaussettes

Dans ma jeunesse je suis allée deux ou trois fois monter les chevaux de l’oncle d’une amie. Ce jour là il pleuvait, on se dit alors qu’on va juste faire un tour à cru. Nous voilà donc partie, j’avais ma bombe, un k-way, mon pantalon d’équitation et mes grandes bottes en caoutchouc d’équitation. Rapidement j’ai eu la sensation d’être complètement trempée. J’avais la sensation que mon pantalon se gorgeait d’eau et qu’ensuite l’eau coulait pour aller remplir mes bottes. Plus le temps passait plus j’avais l’impression d’avoir une petite mare aux canards dans chacune de mes bottes. Quand on est à cheval les bottes, souvent pas parfaitement ajustées, descendent. La semelle n’est alors plus collée au pied, il y a un espace dessous. J’avais la drôle d’impression que ça faisait flop flop sous mes pieds, la mare aux canards je vous dis.
Quand on monte à cru on a toujours chaud aux fesses car on profite de la chaleur du cheval. Du coup je baignais dans un jus chaud, ça allait. A un moment arrive un passage difficile, on descend de cheval. Je me penche en avant, passe la jambe droite derrière moi par-dessus la croupe de mon gentil destrier chauffant, puis je me laisse glisser au sol. Et là, au moment où mes pieds touchent le sol, des geysers sont sortis de mes bottes ! Mes pieds en reprenant leur place ont chassé l’eau.
J’ai commencé à marcher, puis j’ai dû m’arrêter et vider mes bottes, car comme il restait de la place dans les bottes autour de mes pieds, il restait de l’eau… Du coup j’ai pris 5 min pour essorer mes chaussettes, je lave rarement mes chaussettes à la main, j’oublie toujours qu’elles peuvent contenir autant d’eau…
Bien que le chemin soit rude et que je marche énergiquement, sans les 400 kg de muscle de ma monture pour me réchauffer, je commence à avoir froid, y compris sous le k-way. Je profite d’une pause, pour lever mon k-way et regarder en dessous : horreur, l’eau est remontée par capillarité le long du pantalon et du t-shirt, j’en suis au nombril !
La balade a encore duré un moment et en rentrant j’ai pris 5 min aux écuries pour quitter presque tous mes vêtements les essorer puis de les remettre avant d’aller dans l’habitation de l’oncle de mon amie. Sans oublier, bien sur, de vider les maudites bottes !

jeudi 6 mars 2014

A cloche pieds tu iras

Un jeudi soir fin juin, je m’occupe de ma jument. Je lui tiens un postérieur pour faire les soins. Des insectes lui piquent le ventre, ça l’agace elle veut reprendre ce postérieur pour aller se taper le ventre pour faire fuir les insectes. En tirant un grand coup fort, elle arrive à m’arracher le pied des mains. Comme elle est bien irritée, au lieu de poser le pied par terre elle le frappe au sol, sauf que… son pied atterri juste sur les trois derniers orteils de mon pied gauche. Elle a frappé fort, ça fait mal.
Il y a quelques temps cela m’était déjà arrivée, sur les mêmes orteils, ils avaient casés et j’avais été gênée très longtemps pour marcher. Là je sens que c’est pareil. La galère dans deux semaines et demie je dois partir pour 4 semaines de randonnée à cheval. Alors certes la plupart du trajet se fait à cheval mais le matin et le soir il faut pas mal cavaler pour préparer le cheval, de plus dans les descentes et chemins difficile on marche à coté pour aider le cheval… la poisse !
Je fais le minimum syndical pour la jument, puis je la remets au pré et je rentre chez moi avant que ça ne gonfle trop. J’arrive en boitillant, Monsieur Jimie me demande ce qui m’est arrivé. Je lui explique et je conclue par « J’espère que je vais pouvoir partir en rando, tu imagines la poisse que j’ai ». Et là il me répond «  Partir en rando ! Mais chérie on se marie dans 10 jours, tu vas pouvoir mettre tes chaussures ? Ne me dis pas que tu vas devoir te marier en basket ! »
Oups c’est vrai on se marie dans 10 jours, la tuile…. Je n’y avais même pas pensé, la honte…
Bon finalement je me suis tenu tranquille le week end et la semaine suivante. Monsieur jimie m’a aidé à m’occuper de la briseuse d’orteil, j’ai bougé le moins possible, on a bandé le pied tout de suite pour éviter qu’il ne gonfle et j’ai mis des baskets tous les jours pour soulager mon pied.
La veille du mariage, après les derniers préparatifs, je vais m’assoir sur le canapé avec mes chaussures, que j’avais heureusement commencé à casser avant l’incident. J’enfile la chaussure sur mes orteils encore bleus et boudinés : Yess ça rentre. Je prends mon inspiration et je me lève doucement : ouf le fait d’être sur des talons hauts ne fait pas trop mal, j’arrive à garder mon poids sur le gros orteil !
Du coup le mariage c’est bien passé avec de jolies chaussures. Et finalement la rando aussi.

mercredi 26 février 2014

Une bêtise réussie doit être discrète



En rando à cheval, lors d’une pause de midi avec mon amie, nous sommes allongées et faisons la sieste, les chevaux broutent dans leur mini paddock. Soudain j’entends un bruit étrange « flap, flap, flap », je me lève sur le coude, regarde autour… rien. Je me rallonge, ça recommence « flap, flap, flap » je me lève à nouveau sur le coude, je regarde autour… rien. Je commence à soupçonner le cheval noir qui fait toujours des âneries mais à chaque fois que je me lève il se fige et me surveille. Alors je me fais plus subtile, je m’allonge de façon à le surveiller et je le vois passer la tête pas dessus la clôture du paddock attraper ma belle selle à pleines dents et la secouer de toutes ses forces ! ha bravo ça fait un peu cher le jouet pour cheval !