Présentation du blog

Un petit mot pour dire que toutes les histoires écrites ici sont des histoires vraies, rien n'est inventé.

lundi 15 décembre 2014

Le médecin fantôme

J’avais RDV chez un médecin. Un jeudi soir je me rends compte que j’ai un message sur mon téléphone : dans la journée la secrétaire a appelée pour me dire que le RDV devait être reporté (encore une fois). Le vendredi j’appelle pour avoir un nouveau RDV. J’appelle aux horaires de bureau, plusieurs fois dans la journée, mais impossible de joindre quelqu’un, ça ne décroche jamais. Je recommence lundi : toujours personne. La mardi : personne. Là ça me gonfle bien comme il faut ! Je finis par laisser un message en disant que j’ai bien noté que le RDV est annulé, mais que ça fait trois jours que je n’arrive à joindre personne, qu’elle me rappelle pour fixer le nouveau RDV. Par acquis de conscience j’appelle encore une fois jeudi et une fois vendredi… rien. Je me dis « ben mince, les deux médecins et la secrétaire en vacances la même semaine, elles pourraient mettre un message sur le répondeur ».
Le lundi suivant je rappelle : rien. Le mardi je laisse à nouveau un message en laissant mes coordonnées téléphonique (au cas où elles les auraient perdues) et en faisant savoir que si le cabinet est fermé il faudrait prévenir sur le message du répondeur. Toujours rien. Bien sûr je me suis dit que j’avais pu me tromper de numéro, j’ai vérifié à plusieurs reprises sur le site Internet des pages jaunes. A la fin de la semaine toujours rien…
En milieu de semaine suivante je reçois un coup de fil irrité de la secrétaire qui me dit qu’elle m’avait laissé un message et que je n’ai pas rappelé. Là je suis comme deux ronds de flancs. Quand j’arrive à en placer une je lui dis que justement j’ai appelé tous les jours et j’ai laissé des messages, elle  vocifère de plus belle en disant que les autres y arrivent bien, qu’ils ont reçu plein de coup de fil qu’il n’y a pas de problème. Bon d’accord…
Il se trouve que j’ai perdu l’ordonnance que j‘avais en prévision de ce RDV, je demande si le docteur peut la refaire et je passe la chercher. Elle me répond, oui mais le docteur ne sera là que vendredi, ne venez pas avant. Je demande les horaires du cabinet, elle me répond « ben la journée ». OK, là je suis à deux doigts de lui hurler dessus, mais je me retiens. Je demande des précisions, par exemple si je passe un matin à 8h… on me répond « ha ben non de 8h30 à 12h30, pour les après-midi c’est quand je suis là et ça peut changer suivant les jours donc faut appeler pour savoir quand je suis là hein » je réponds que ce n’est pas grave je passerai le matin. Je lui demande donc de confirmer que c’est bon tous les matins de 8h30 à 12h30, elle me répond « les après-midi c’est bien aussi mais il faut appeler pour savoir si je suis là… ». Ok ça a l’air d’être une lumière cette fille.
Dès que j’ai raccroché je regarde le numéro qui m’a appelé et je vérifie avec l’annuaire. Il y a bien un problème d’après l’annuaire le dernier numéro est 42, alors que sur mon téléphone quand je regarde le numéro qui m’a appelé le dernier nombre est 32. Tout s’explique, je me dis que je me ferai un plaisir de lui dire en allant chercher l’ordonnance.
Pour être sure de mon coup je n’y vais pas vendredi, mais le lundi suivant à 12h. J’arrive là bas je me présente et … pas d’ordonnance ! La secrétaire me dit « Oui le docteur ne regarde pas toujours la pile de documents que je lui laisse ». Bon là je ne suis pas contente du tout d’être venue pour rien. J’en profite néanmoins pour lui dire que le numéro dans l’annuaire n’est pas le bon. Elle me répond « ben non on a plein de gens qui nous appellent ». Elle va sur le site des pages jaunes pour vérifier et elle voit le bon numéro apparaitre ! Je suis totalement dégouttée, je me demande si ce n’est pas une caméra cachée. D’après un gars calé en informatique, cela peut venir des navigateurs internet qui ne vont pas afficher les mêmes données. Bref c’est pas la joie.
La semaine suivante j’appelle avant de passer pour être sûr que l’ordonnance est prête, elle est prête. Je la récupère, le RDV n’est pas repoussé, j’ai enfin pu aller à ce RDV !!!!

dimanche 19 octobre 2014

Quand le chef dit une connerie

Je suis globalement du matin, au boulot j’arrive relativement tôt. Mon chef de l’époque aussi. Il avait l’habitude le matin d’aller dans le bureau voisin discuter avec des collègues, matinaux eux aussi. Ce matin là ils étaient absents tous les deux, il poussa donc jusqu’à mon bureau. Il avait une question d’ordre commercial, il voulait répondre avec le logiciel qu’on utilisait habituellement pour faire un truc qui n’a rien à voir. C’était comme vouloir faire une pizza avec une cocotte minute….
Il avait été l’un des premier à utiliser ce logiciel, il était donc sensé bien le connaitre, du coup j’étais gênée, je ne savais pas comment lui dire que c’était n’importe quoi comme idée. Je réfléchissais à une formulation : « Je crois bien que…. Il me semble que… le logiciel ne permet pas du tout de faire ça… est-ce bien à notre service de répondre…». Alors que je cherchais encore une formulation correcte, il prend la parole et dit « non mais je dis peut-être une connerie là ». Yes ! Sauvée… sauf que je n’osais pas lui dire « Oui c’était une connerie ». Mais je ne pouvais pas non plus dire « non » car ça en était une de connerie. Du coup me revoilà entrain de chercher la formulation idéale : « Une connerie peut être pas, mais disons que c’est totalement impossible…  Non les chefs ça ne dit jamais de conneries, juste des propositions audacieuses… non, non, mais c’est juste, ben, voilà quoi…». Bref je ne m’en sortais pas.
Au bout de quelques longs instants de silence je me suis dis, bon ben là il a compris, je ne lui ai pas dit « non ce n’est pas une connerie » donc il a forcément compris que je n’osais pas dire « oui c’est une connerie ». Du coup au lieu de rajouter quelque chose qui pourrait m’enfoncer j’attends en silence. Il regarde ses pieds, je regarde le mur et j’attends, tout en me disant que s’il allait réfléchir dans son bureau je pourrai reprendre mon travail. J’imagine qu’il cherche comment répondre à la demande du client avec un autre outil, j’attends…
Enfin il prend la parole et dit « bon ben d’accord, on va répondre avec notre logiciel, ça sera bien »….

samedi 27 septembre 2014

Blanche Neige au pays des collégiens

Une année en colonie les moniteurs ont voulu nous faire jouer une pièce de théâtre. Ils ont choisi une version très simplifiée de Banche Neige et les 7 nains. Pas de scènes compliquées, pas de textes trop longs…. Et de toutes manières pas de public… alors normalement tout aurait dû aller comme sur des roulettes….
Sauf qu’à la fin le prince doit embrasser Banche Neige, et là les deux comédiens en herbe tous les deux collégiens n’ont rien voulu savoir… Pas moyen qu’ils fassent un bisou, pas même sur la joue… Après mures réflexions un moniteur a trouvé une idée très originale et intéressante, mais qui dénature un peu l’histoire. Voici ce qui s’est passé dans notre pièce :
Blanche Neige croque la pomme et tombe comme morte, les nains la pleurent, prince charmant arrive après la bataille (comme dans l’histoire originale). Il la prend dans ses bras et veut la ramener au château, mais ce maladroit la fait tomber par terre,  et du coup le choc expulse le bout de pomme coincé dans la gorge de Banche Neige qui revient à la vie… C’est plus pragmatique et moins romantique. Mais pour des collégiens il vaut mieux tomber par terre que faire un bisou…
Quant à moi je jouais un des très nombreux nains (en fait oui pour que tout le monde ait un rôle il y avait au moins 15 nains) et je me promenais partout avec une pioche en carton que j’avais faite moi-même….

vendredi 19 septembre 2014

Les chevaux sont myopes, mais ils se débrouillent

Peut-être l’ignorer vous, mais les chevaux voient plutôt mal. Ils ne voient pas les détails, ils n’en ont pas besoin, dans la nature au moindre bruit suspect ils se sauvent.
Ce jour-là nous profitons d’un spectacle équestre d’une personne très connue qui nous offre un spectacle magnifique. Il arrive sur son cheval à cru, fait quelques numéros, puis arrête le cheval face à nous et lui enlève son filet. Il l’enroule et l’attache soigneusement, ça fait un petit paquet qu’il laisse délicatement tomber par terre. Ensuite il fait divers numéro monté sur son cheval, puis à pied.
A la fin du numéro il va pour partir et lorsqu’il arrive à une extrémité de la carrière qui est rectangle, il fait comme s’il venait de souvenir qu’il avait oublié quelque chose. Il s’arrête en se tapant le front, le cheval qui le suivait fait un beau pile, c’est un superbe animal à la robe dorée et avec de longs crins blond, il est vif comme tout. L’homme fait demi-tour pour regarder la carrière d’où il vient, le cheval se retourne aussi. Il trépigne, il sait qu’il doit aller chercher quelque chose et qu’ensuite le numéro est fini. L’homme lui fait, signe, il bondit, puis dans un petit trot très classe et très dynamique va vers le centre de la carrière. On le voit ralentir et commencer à regarder où est son filet. Nous le voyons très bien, il fait une petite boule de couleur ocre. Mais le cheval semble ne pas le voir, en effet la carrière de sable gris a vu passer de nombreux chevaux toute la journée et elle n’est plus plate du tout, elle est couverte de creux et bosses. De plus elle est couverte de petite feuille d’automne jaune.
Le cheval s’est arrêté dans une zone toute jaune à cause des feuille, le filet est devant lui dans une zone où il y a moins de feuilles, mais il ne le voit pas. Il se retourne vers l’homme qui s’est approché pour voir où était le problème, l’homme lui fait un signe d’encouragement. Le cheval repart tête basse, il n’est plus du tout sûr de lui. Il regarde à nouveau l’homme, qui l’encourage toujours. Il avance au hasard et soudain, il retrouve sa superbe, il redresse la tête, l’œil vif et se dirige avec son joli trot vers un point devant lui. Il s’arrête net et ramasse par terre…. Une feuille jaune un peu plus grosse que les autres, il la tient à la bouche et la ramène tout fier à l’homme ! On voit dans son attitude à quel point il est fier d’avoir résolu son problème.
Tout le monde rigole, l’homme prend la feuille et renvoie le cheval à la recherche du filet. Cette fois il l’accompagne pour le guider dans la bonne direction. Soudain le cheval voit le filet, il se jette dessus le ramasse et retourne fièrement voir l’homme. L’homme le félicite chaleureusement et ils sortent tous les deux de la carrière, avec la satisfaction du devoir accompli.

Réserver un taxi, deux histoire pour le prix d’une

Le début de cette histoire se passe sans taxi. Je dois aller prendre le train, je décide d’aller à la gare en navette. Le matin je prendre mon sac, avec mon ordinateur portable, mes dossiers et tout le bazar. Je dois marcher un bon quart d’heure pour aller à l’arrêt du bus où passe la navette. J’arrive un peu en avance pour le cas où la navette passerait un peu tôt. Arrive l’heure du passage, elle n’est toujours pas là, mais c’est normal. On en est à 5 minutes de retard je commence à me dandiner et m’inquiéter, si elle a trop de retard elle va me faire rater mon train, je n’ai pas tant de marge de manœuvre que ça. 10 minutes de retard je commence à calculer si c’est plus rapide d’y aller en navette ou de retourner chez moi chercher ma voiture, je calcule l’heure limite pour décider de prendre ma voiture. 15 minutes de retard, je me lève je pars comme une folle en courant pour rentrer chez moi avec mon gros sac qui me rebondit dans le dos. Je suis sur le chemin de la navette, je prie pour qu’elle ne me double pas pendant que je cours, je ne m’en remettrai pas. Heureusement ça n’arrive pas.
Arrivée toute essoufflée en bas de l’immeuble je me souviens que je n’ai pas pris les clefs et les papiers de la voiture, je dois encore monter les 4 maudits étages à pieds ! J’arrive finalement toute essoufflée dans ma voiture, je vais à la gare et j’arrive à prendre mon train in extremis.
Du coup les fois suivantes je prends ma voiture, je me dis que tant pis mon employeur paie un peu plus cher de parking que de navette, mais je n’ai pas envie de revivre cette aventure.
Cette fois-ci je pars pour deux jours, je n’ai pas très envie de laisser ma voiture là-bas pour la nuit. De plus le taxi ne coute pas plus cher que deux jours de parking. J’appelle donc un taxi de ma commune, il y en a trois, je prends le numéro du milieu (ben oui c’est comme ça !), c’est un numéro de fixe. Je lui demande de venir me chercher sur la place en bas de mon immeuble, j’ai horreur d’être à la bourre ou stressée alors je prends de la marge. Le matin je descends avec ton mon bazar et j’attends. A l’heure pile il n’est pas là, 5 minutes après il n’est pas là, 10 minutes après toujours pas. Je me dis « ho purée ça recommence ! ». Je commence à calculer dans ma tête l’heure limite pour prendre ma propre voiture. Je remonte chez moi en courant (et oui encore !), j’ouvre l’annuaire j’appelle le numéro, on me répond et quand je demande si je dois encore attendre le taxi on me répond que je n’ai pas commandé de taxi ! Je hurle un peu de rage, mais je n’ai pas le temps de discuter, je raccroche et je redescends en courant pour prendre ma voiture. J’ai de la chance j’arrive encore une fois à prendre mon train.



Une autre histoire qui a eu lieu des années plus tard. Il y a un mariage dans la famille, les grands parents sont invités, ils viennent avec un de leurs enfants, mais comme ils sont fatigués ils ne restent pas jusqu’au bout. Un de leur enfant, que nous appellerons M.X. (Ouha comme c’est original !) appelle donc à l’avance pour réserver un taxi qui viendra les chercher sur la commune du mariage et les ramènera chez eux dans l’après midi.
Finalement ils ne se sentent pas bien, et une semaine avant le mariage décident d’annuler. M.X appelle la compagnie de taxi pour les prévenir. C’est une secrétaire qui répond à M.X et qui lui dit qu’ils n’ont pas de réservation, M.X commence à rouspéter car il ne comprend pas. La secrétaire lui dit qu’hélas il est courant que des chauffeurs interceptent les appels pour voler les courses. On n’a pas bien compris s’ils piratent la ligne téléphonique ou si c’est un des employés qui décroche le téléphone en l’absence de la secrétaire, prend note de la course et ne le dit pas à son patron. Dans tous les cas on ne peut rien y faire.
Hélas M.X avait donné son numéro lors de la réservation du taxi. Pendant qu’il profite tranquillement du vin d’honneur il reçoit un coup de fil : « bonjour c’est le taxi je suis arrivé ». M.X lui explique que la course a été annulée. Le chauffeur a le culot de commencer à s’énerver. M.X lui explique qu’il appelé il y a plusieurs jours pour prévenir et que si le chauffeur n’a pas été au courant c’est parce qu’il a intercepté illégalement le premier appel. Loin de se démonter le chauffeur vocifère de plus belle du genre « on ne dérange pas pour rien les gens qui travaillent, il n’y a plus de respect, je suis venu jusque-là pour rien, me faire payer la course… ». M.X raccroche. Le chauffeur rappelle. M.X est alors obligé d’éteindre son portable pour pouvoir profiter du mariage. Le soir lorsque M.X écoute tranquillement ses messages il y en a plusieurs du chauffeur mécontent qui au milieu des insultes menace de faire irruption au mariage…
Non mais sérieux il y en a qui ne manque pas de culot !

samedi 26 juillet 2014

Torturer avec un chien… ou torturer le chien ?

Nous prenons des cours d’éducation ou d’agility avec nos chiens. Un jour l’éducateur nous prévient que la semaine suivante ce n’est pas lui qui fera cours, mais une autre personne que nous connaissons. Lui va passer la journée à fêter l’enterrement de vie de garçon d’un ami. Il se trouve que cet ami à une peur bleue des chiens et du coup il veut l’emmener sur les lieux des cours pour le « torturer » un peu. Pour cela il demande à deux élèves/amis de venir avec leur chien. Ce sont deux « chiens loup », il s’agit en fait d’un berger allemand entièrement noir et d’un berger allemand blanc (berger blanc suisse pour les connaisseurs). Deux grands et beaux chiens, impressionnants, 35 kg et plus de 60 cm au garrot, de plus l’un d’eux est dressé au mordant. Je ne connais pas trop cette discipline mais il sait au moins aboyer, montrer les dents et claquer des dents sur commande. Il nous prévient donc qu’il risque d’y avoir du bruit et de l’agitation ce jour-là. Ça ne nous gêne pas, on décide de venir quand même.
Le jour de la torture du pauvre futur marié notre cours commence comme d’habitude, pendant qu’on travaille sur un des terrains on les entend « s’agiter» sur l’autre. On entend beaucoup rire. Un peu avant la fin du cours, l’éducateur vient me voir et me demande si je veux bien qu’on utilise mon chien pour faire peur à son ami. Il s’agit d’un chien hyper affectueux de seulement 25 kg pour moins de 55 cm au garrot, dans les ton marron/caramel. Mais c’est un « pitbull » avec une tête plus large que haute. Il fait peur à certaines personnes à cause de son physique. Je suis curieuse alors j’accepte.
On va sur l’autre terrain, il nous fait rentrer, le futur marié est à 20 m de nous debout contre un arbre. Quand il voit mon chien il crie « ha non pas celui-là ! ». Nous restons à l’entrée du parc et l’éducateur me demande si je veux que le chien soit détaché ou plutôt tenu en laisse. Je n’en sais rien vu que je ne sais pas ce qu’il veut que je fasse, de plus il connait parfaitement notre niveau il sait que mieux que moi ce qu’il vaut mieux. Je vois que le futur marié est en short et je me dis que si on passe près de lui, il se peut que mon chien veille aller le renifler pour s’en faire un pote, mais si sa truffe froide touche la jambe du futur marié… ça risque de lui faire un choc ! En fait je finis par comprendre que l’éducateur ne me parle pas vraiment, il fait un speech à voix haute sur le fait de tenir ou non le chien pour faire peur à son ami.
On finit par y aller, je tiens mon chien au pied et tourne autour du futur marié de manière à ce que le chien soit très près de lui. Comme j’entends l’éducateur lui dire des trucs du genre « ne le provoque pas, attention il va se sentir agressé…etc… », j’en rajoute une couche en disant à mon chien « sois gentil hein ! » ce qui fait rire tout le monde, sauf une personne. On fait deux fois le tour du futur marié, je ne quitte pas mon chien des yeux car comme il aime absolument tout le monde, son instinct le pousse à aller voir tous les êtres humains pour leur faire des câlins et des léchouilles. Bien sûr je comprends tout à fait que les gens n’aiment pas ça, j’aime moi-même horreur que les animaux des autres me viennent dans les jambes sans y avoir été invités, nous travaillons donc son éducation à ce sujet. Mais là à seulement quelques dizaines de centimètre des deux mollets tout nus du futur marié qui se tapit contre l’arbre, j’ai peur qu’il ne résiste pas à la tentation et qu’un coup de langue parte. Comme je surveille le chien, je ne vois pas la réaction du futur marié. Après avoir fini mon deuxième tour j’entends l’éducateur qui dit à son ami « ha mais non si tu fermes les yeux ça ne compte pas ! ». Il me demande s’il peut me prendre le chien, je le fais assoir, puis je le lui laisse et je m’éloigne.
Le chien nous regarde alternativement l’éducateur et moi, il cherche à comprendre ce qu’on veut de lui, ce n’est pas normal ce qu’il se passe. L’éducateur attache la laisse, qui est très longue, autour de la taille de son ami, qui du coup n’ose plus bouger. Donc le chien se met à regarder cet homme qui est au bout de la laisse et attend. Sagement il le fixe dans les yeux, plein d’espoir de recevoir un câlin ou qu’au moins on lui dise quoi faire. L’éducateur tente de convaincre son ami de le caresser, l’autre lui dit « non mais t’es fou, pas question ». Le chien s’ennuie, il ne se passe rien et il se demande ce qu’il fait là. Il me fait face et attend, au bout d’un moment il se couche et ne me quitte pas des yeux d’un air de dire « bon on s’en va, je m’ennuie là et je ne comprends pas ce qui se passe ». Je me dis que si je fais un geste brusque et que le chien se lève et fonce dans ma direction pour me rejoindre ça va faire peur au futur marié alors je reste bien immobile. Bon pas tout à fait en fait je me marre comme un bossu, mais je reste bien sur place.
Au bout d’un moment je vois dans les yeux du chien qu’il va commencer à chouiner tellement il s’ennuie et ne comprend pas ce qu’il fait là, mais à ce moment-là l’éducateur a convaincu son ami de caresser le chien. Dès que celui se penche vers le chien, le chien content qu’on s’intéresse enfin à lui tourne la tête vers l’homme qui tend la main. Immanquablement cela fait renoncer le futur marié. Tout le monde se marre, sauf une personne bien sûr. Je vois même la queue du chien frétiller de plaisir qu’on s’occupe enfin de lui. Mais après plusieurs tentatives avortées, il finit par se dire qu’il ne peut rien tirer de cet humain et se remet à me regarder fixement pour me faire comprendre qu’il faut que je vienne le libérer. Du coup le futur marié arrive à lui faire une petite caresse vite fait. Sous la pression de ses amis et après de très, très nombreuses tentatives il va même aller jusqu’à lui faire un bisou du bout des lèvres. Le chien me lance un regard totalement suppliant mais reste héroïquement couché pendant toute la durée du « jeu ». Il pleure un peu, mais reste tranquille. Quand enfin l’éducateur le détache je viens le chercher et je l’emmène courir un peu pour qu’il se défoule. Enfin on s’occupe de lui on le câline et on le fait jouer, tout va bien, il se détend…
Pendant ce temps l’éducateur décide d’une dernière « épreuve torture pour son ami ». Il va sur le parcours d’agility, et lui demande de se mettre à 4 pattes sous une barre que sautent les chiens. Il demande à un chien très expérimenté et très agile de sauter la barre. Moi je regarde du coin de l’œil en faisant jouer le mien. L’autre chien fonce sur la barre, mais arrivé devant il pile et regarde son maître. Et là je sais tout à fait ce qu’il se passe dans sa tête « je ne vais pas sauter par-dessus un personne quand même c’est hyper malpoli ! ». Même si l’intention du chien est on ne peut plus gentille, son hésitation angoisse encore plus le futur marié. Après deux ou trois tentatives, le chien trouve une solution qui lui parait bonne, comme il ne veut pas sauter par-dessus un humain, il passe sous la barre, mais comme il y a le futur marié sous la barre, il se faufile entre le poteau et le tête du pauvre le futur marié, se frottant au passage contre sa figure.  Le chien est très fier d’avoir trouvé une solution à son dilemme, mais l’éducateur et le maitre du chien vont recommencer jusqu’à ce que le chien saute. Le futur marié pense enfin pouvoir s’enfuir, mais l’éducateur nous appelle avec mon chien et là j’entends clairement le futur marié dire « Ho non pas lui ! ». Je sais que mon chien est beaucoup trop respectueux des humains pour accepter de sauter par-dessus sans se poser de questions, mais je ne sais pas ce qu’il va faire. Comme il est peu expérimenté en agility c’est l’éducateur qui l’accompagne face à l’obstacle.  Effectivement bien qu’il adore sauter, dès qu’il voit qu’il y a quelqu’un dessous il s’arrête et regarde l’éducateur les yeux malheureux. L’éducateur l’encourage, mais le chien s’assoit et commence à chougner en le regardant dans les yeux pour l’attendrir, dans peu de temps le chien va se mettre à pleurer pour de bon. La situation semble bloquée, du coup je me mets de l’autre côté de l’obstacle et je l’appelle « Viens mon chien, chien, viens vite mon grand ». Il essaie de passer à côté mais l’éducateur le bloque, du coup il se dit « tant pis pour l’autre idiot, moi j’y vais » et il saute par-dessus le futur marié, enfin par-dessus… vu qu’il n’a pas d’élan, il fait un joli bond, mais manque d’un peu de hauteur et du coup prend appui sur le futur marié, pour finir son saut. Le pauvre futur marié a bien sur le sentir…
Enfin l’éducateur, et tous ses amis qui se marrent bien, décide de laisser le pauvre homme tranquille. Avant de partir toutefois il lui demande de faire une petite caresse aux chiens des clients qui étaient là pour le cours. Il commence par les chiots et les chiens de petite taille, ça se passe bien. Puis il arrive devant le mien, il dit « ha non celui-là j’ai déjà fait », « justement, lui répond l’éducateur, tu sais que tu ne risques rien, recommence ». Le futur marié en a marre, alors il sert les dents, tourne le regard de l’autre côté et touche la tête de mon chien du bout de doigts. Le chien suivant est mon deuxième chien qui est au pied de mon mari. Un chien aux longues oreilles et à la figure qui pend, un peu comme Droopi. Il le caresse sans hésiter en disant « celui-là a une bonne tête il ne me fait pas peur ». Il a tort car bien que ce soit tous les deux de très gentils chiens qui se laissent faire quand on leur fait des « misères, » si un jour on devait aller mettre nos mains dans la gamelles d’un des chiens on se méfierait plus du chien de chasse que du pit bull. Pas parce qu’il est plus méchant, mais parce qu’aujourd’hui il est au-dessus de l’autre dans l’ordre hiérarchique, parce qu’il a pris l’habitude de défendre sa nourriture et ses jouets (peut être dans son ancienne vie). Au contraire que le pit bull a tellement besoin d’amour qu’il donne ses jouets à n’importe qui contre quelques instants de jeu et, bien que ce soit un gros morfal il partagerait surement sa gamelle avec un pote sympa.
Moralité : je ne cautionne absolument pas ce genre d’attitude qui consiste à profiter des peurs de gens au lieu de leur montrer qu’ils n’ont aucune raison d’avoir peur. Cependant ce n’était pas mes affaires et le futur marié était largement en âge de dire à ses amis d’aller se faire cuire un œuf, du coup j’ai bien profité et bien rigoler. Sauf que moi, au lieu de rire des malheurs du futur marié, j’ai ri de l’inventivité de ses potes pour le torturer et de la tête trop malheureuse de mon chien…. Ca m’a quand même fait une petite boule de savoir que mon chien lui a fait beaucoup plus peur que les autres chiens, il a même eu plus peur de mon chien couché à ses pied que du grand chien loup noir qui lui aboyait après en faisant semblent d’aller lui mordre les mollets…. Heureusement dans notre entourage : amis, famille, voisins, vétérinaires… tout le monde l’a accepté tel qu’il est : une grosse tête d’enclume, mais un cœur encore plus gros.

Où sont les rails du tram ?

« - Bonjour Monsieur, nous nous sommes perdues, pouvez-vous nous dire par où on pourrait trouver les rails du tram, s’il vous plait ?
- Vous cherchez quel arrêt ?
- Aucun en particuliers, on veut juste retrouver le tram.
- … mais vous allez où ?
- Nulle part on se promène, mais on est perdu. Vous savez où on peut trouver les rails du tram finalement ou non ? »
Ca vous choque vous ? Quand j’étais jeune et que je me promenais à pied en ville avec une amie, au début on se perdait, forcément on ne connaissait pas encore la ville. Du coup on cherchait les rails du tram on les suivait dans un sens au hasard jusqu’au premier arrêt qu’on trouvait. Là on regardait la carte, on savait où on était et si on préférerait aller ailleurs, on pouvait prendre le tram. Mais quand on devait demander aux gens où était le tram car on était perdu, ils ne comprenaient pas qu’on cherchait juste le tram pas un arrêt en particuliers, ça les perturbait…