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Un petit mot pour dire que toutes les histoires écrites ici sont des histoires vraies, rien n'est inventé.

samedi 26 juillet 2014

Torturer avec un chien… ou torturer le chien ?

Nous prenons des cours d’éducation ou d’agility avec nos chiens. Un jour l’éducateur nous prévient que la semaine suivante ce n’est pas lui qui fera cours, mais une autre personne que nous connaissons. Lui va passer la journée à fêter l’enterrement de vie de garçon d’un ami. Il se trouve que cet ami à une peur bleue des chiens et du coup il veut l’emmener sur les lieux des cours pour le « torturer » un peu. Pour cela il demande à deux élèves/amis de venir avec leur chien. Ce sont deux « chiens loup », il s’agit en fait d’un berger allemand entièrement noir et d’un berger allemand blanc (berger blanc suisse pour les connaisseurs). Deux grands et beaux chiens, impressionnants, 35 kg et plus de 60 cm au garrot, de plus l’un d’eux est dressé au mordant. Je ne connais pas trop cette discipline mais il sait au moins aboyer, montrer les dents et claquer des dents sur commande. Il nous prévient donc qu’il risque d’y avoir du bruit et de l’agitation ce jour-là. Ça ne nous gêne pas, on décide de venir quand même.
Le jour de la torture du pauvre futur marié notre cours commence comme d’habitude, pendant qu’on travaille sur un des terrains on les entend « s’agiter» sur l’autre. On entend beaucoup rire. Un peu avant la fin du cours, l’éducateur vient me voir et me demande si je veux bien qu’on utilise mon chien pour faire peur à son ami. Il s’agit d’un chien hyper affectueux de seulement 25 kg pour moins de 55 cm au garrot, dans les ton marron/caramel. Mais c’est un « pitbull » avec une tête plus large que haute. Il fait peur à certaines personnes à cause de son physique. Je suis curieuse alors j’accepte.
On va sur l’autre terrain, il nous fait rentrer, le futur marié est à 20 m de nous debout contre un arbre. Quand il voit mon chien il crie « ha non pas celui-là ! ». Nous restons à l’entrée du parc et l’éducateur me demande si je veux que le chien soit détaché ou plutôt tenu en laisse. Je n’en sais rien vu que je ne sais pas ce qu’il veut que je fasse, de plus il connait parfaitement notre niveau il sait que mieux que moi ce qu’il vaut mieux. Je vois que le futur marié est en short et je me dis que si on passe près de lui, il se peut que mon chien veille aller le renifler pour s’en faire un pote, mais si sa truffe froide touche la jambe du futur marié… ça risque de lui faire un choc ! En fait je finis par comprendre que l’éducateur ne me parle pas vraiment, il fait un speech à voix haute sur le fait de tenir ou non le chien pour faire peur à son ami.
On finit par y aller, je tiens mon chien au pied et tourne autour du futur marié de manière à ce que le chien soit très près de lui. Comme j’entends l’éducateur lui dire des trucs du genre « ne le provoque pas, attention il va se sentir agressé…etc… », j’en rajoute une couche en disant à mon chien « sois gentil hein ! » ce qui fait rire tout le monde, sauf une personne. On fait deux fois le tour du futur marié, je ne quitte pas mon chien des yeux car comme il aime absolument tout le monde, son instinct le pousse à aller voir tous les êtres humains pour leur faire des câlins et des léchouilles. Bien sûr je comprends tout à fait que les gens n’aiment pas ça, j’aime moi-même horreur que les animaux des autres me viennent dans les jambes sans y avoir été invités, nous travaillons donc son éducation à ce sujet. Mais là à seulement quelques dizaines de centimètre des deux mollets tout nus du futur marié qui se tapit contre l’arbre, j’ai peur qu’il ne résiste pas à la tentation et qu’un coup de langue parte. Comme je surveille le chien, je ne vois pas la réaction du futur marié. Après avoir fini mon deuxième tour j’entends l’éducateur qui dit à son ami « ha mais non si tu fermes les yeux ça ne compte pas ! ». Il me demande s’il peut me prendre le chien, je le fais assoir, puis je le lui laisse et je m’éloigne.
Le chien nous regarde alternativement l’éducateur et moi, il cherche à comprendre ce qu’on veut de lui, ce n’est pas normal ce qu’il se passe. L’éducateur attache la laisse, qui est très longue, autour de la taille de son ami, qui du coup n’ose plus bouger. Donc le chien se met à regarder cet homme qui est au bout de la laisse et attend. Sagement il le fixe dans les yeux, plein d’espoir de recevoir un câlin ou qu’au moins on lui dise quoi faire. L’éducateur tente de convaincre son ami de le caresser, l’autre lui dit « non mais t’es fou, pas question ». Le chien s’ennuie, il ne se passe rien et il se demande ce qu’il fait là. Il me fait face et attend, au bout d’un moment il se couche et ne me quitte pas des yeux d’un air de dire « bon on s’en va, je m’ennuie là et je ne comprends pas ce qui se passe ». Je me dis que si je fais un geste brusque et que le chien se lève et fonce dans ma direction pour me rejoindre ça va faire peur au futur marié alors je reste bien immobile. Bon pas tout à fait en fait je me marre comme un bossu, mais je reste bien sur place.
Au bout d’un moment je vois dans les yeux du chien qu’il va commencer à chouiner tellement il s’ennuie et ne comprend pas ce qu’il fait là, mais à ce moment-là l’éducateur a convaincu son ami de caresser le chien. Dès que celui se penche vers le chien, le chien content qu’on s’intéresse enfin à lui tourne la tête vers l’homme qui tend la main. Immanquablement cela fait renoncer le futur marié. Tout le monde se marre, sauf une personne bien sûr. Je vois même la queue du chien frétiller de plaisir qu’on s’occupe enfin de lui. Mais après plusieurs tentatives avortées, il finit par se dire qu’il ne peut rien tirer de cet humain et se remet à me regarder fixement pour me faire comprendre qu’il faut que je vienne le libérer. Du coup le futur marié arrive à lui faire une petite caresse vite fait. Sous la pression de ses amis et après de très, très nombreuses tentatives il va même aller jusqu’à lui faire un bisou du bout des lèvres. Le chien me lance un regard totalement suppliant mais reste héroïquement couché pendant toute la durée du « jeu ». Il pleure un peu, mais reste tranquille. Quand enfin l’éducateur le détache je viens le chercher et je l’emmène courir un peu pour qu’il se défoule. Enfin on s’occupe de lui on le câline et on le fait jouer, tout va bien, il se détend…
Pendant ce temps l’éducateur décide d’une dernière « épreuve torture pour son ami ». Il va sur le parcours d’agility, et lui demande de se mettre à 4 pattes sous une barre que sautent les chiens. Il demande à un chien très expérimenté et très agile de sauter la barre. Moi je regarde du coin de l’œil en faisant jouer le mien. L’autre chien fonce sur la barre, mais arrivé devant il pile et regarde son maître. Et là je sais tout à fait ce qu’il se passe dans sa tête « je ne vais pas sauter par-dessus un personne quand même c’est hyper malpoli ! ». Même si l’intention du chien est on ne peut plus gentille, son hésitation angoisse encore plus le futur marié. Après deux ou trois tentatives, le chien trouve une solution qui lui parait bonne, comme il ne veut pas sauter par-dessus un humain, il passe sous la barre, mais comme il y a le futur marié sous la barre, il se faufile entre le poteau et le tête du pauvre le futur marié, se frottant au passage contre sa figure.  Le chien est très fier d’avoir trouvé une solution à son dilemme, mais l’éducateur et le maitre du chien vont recommencer jusqu’à ce que le chien saute. Le futur marié pense enfin pouvoir s’enfuir, mais l’éducateur nous appelle avec mon chien et là j’entends clairement le futur marié dire « Ho non pas lui ! ». Je sais que mon chien est beaucoup trop respectueux des humains pour accepter de sauter par-dessus sans se poser de questions, mais je ne sais pas ce qu’il va faire. Comme il est peu expérimenté en agility c’est l’éducateur qui l’accompagne face à l’obstacle.  Effectivement bien qu’il adore sauter, dès qu’il voit qu’il y a quelqu’un dessous il s’arrête et regarde l’éducateur les yeux malheureux. L’éducateur l’encourage, mais le chien s’assoit et commence à chougner en le regardant dans les yeux pour l’attendrir, dans peu de temps le chien va se mettre à pleurer pour de bon. La situation semble bloquée, du coup je me mets de l’autre côté de l’obstacle et je l’appelle « Viens mon chien, chien, viens vite mon grand ». Il essaie de passer à côté mais l’éducateur le bloque, du coup il se dit « tant pis pour l’autre idiot, moi j’y vais » et il saute par-dessus le futur marié, enfin par-dessus… vu qu’il n’a pas d’élan, il fait un joli bond, mais manque d’un peu de hauteur et du coup prend appui sur le futur marié, pour finir son saut. Le pauvre futur marié a bien sur le sentir…
Enfin l’éducateur, et tous ses amis qui se marrent bien, décide de laisser le pauvre homme tranquille. Avant de partir toutefois il lui demande de faire une petite caresse aux chiens des clients qui étaient là pour le cours. Il commence par les chiots et les chiens de petite taille, ça se passe bien. Puis il arrive devant le mien, il dit « ha non celui-là j’ai déjà fait », « justement, lui répond l’éducateur, tu sais que tu ne risques rien, recommence ». Le futur marié en a marre, alors il sert les dents, tourne le regard de l’autre côté et touche la tête de mon chien du bout de doigts. Le chien suivant est mon deuxième chien qui est au pied de mon mari. Un chien aux longues oreilles et à la figure qui pend, un peu comme Droopi. Il le caresse sans hésiter en disant « celui-là a une bonne tête il ne me fait pas peur ». Il a tort car bien que ce soit tous les deux de très gentils chiens qui se laissent faire quand on leur fait des « misères, » si un jour on devait aller mettre nos mains dans la gamelles d’un des chiens on se méfierait plus du chien de chasse que du pit bull. Pas parce qu’il est plus méchant, mais parce qu’aujourd’hui il est au-dessus de l’autre dans l’ordre hiérarchique, parce qu’il a pris l’habitude de défendre sa nourriture et ses jouets (peut être dans son ancienne vie). Au contraire que le pit bull a tellement besoin d’amour qu’il donne ses jouets à n’importe qui contre quelques instants de jeu et, bien que ce soit un gros morfal il partagerait surement sa gamelle avec un pote sympa.
Moralité : je ne cautionne absolument pas ce genre d’attitude qui consiste à profiter des peurs de gens au lieu de leur montrer qu’ils n’ont aucune raison d’avoir peur. Cependant ce n’était pas mes affaires et le futur marié était largement en âge de dire à ses amis d’aller se faire cuire un œuf, du coup j’ai bien profité et bien rigoler. Sauf que moi, au lieu de rire des malheurs du futur marié, j’ai ri de l’inventivité de ses potes pour le torturer et de la tête trop malheureuse de mon chien…. Ca m’a quand même fait une petite boule de savoir que mon chien lui a fait beaucoup plus peur que les autres chiens, il a même eu plus peur de mon chien couché à ses pied que du grand chien loup noir qui lui aboyait après en faisant semblent d’aller lui mordre les mollets…. Heureusement dans notre entourage : amis, famille, voisins, vétérinaires… tout le monde l’a accepté tel qu’il est : une grosse tête d’enclume, mais un cœur encore plus gros.

Où sont les rails du tram ?

« - Bonjour Monsieur, nous nous sommes perdues, pouvez-vous nous dire par où on pourrait trouver les rails du tram, s’il vous plait ?
- Vous cherchez quel arrêt ?
- Aucun en particuliers, on veut juste retrouver le tram.
- … mais vous allez où ?
- Nulle part on se promène, mais on est perdu. Vous savez où on peut trouver les rails du tram finalement ou non ? »
Ca vous choque vous ? Quand j’étais jeune et que je me promenais à pied en ville avec une amie, au début on se perdait, forcément on ne connaissait pas encore la ville. Du coup on cherchait les rails du tram on les suivait dans un sens au hasard jusqu’au premier arrêt qu’on trouvait. Là on regardait la carte, on savait où on était et si on préférerait aller ailleurs, on pouvait prendre le tram. Mais quand on devait demander aux gens où était le tram car on était perdu, ils ne comprenaient pas qu’on cherchait juste le tram pas un arrêt en particuliers, ça les perturbait…

dimanche 20 juillet 2014

Quand on n’a pas tous vu le même film


Je suis au cinéma devant une superproduction américaine. Un film avec des supers héros en costume. Il y en a pas mal en ce moment, certains m’ont plu, d’autres déçu, du coup je ne sais trop comment va être celui-ci. Finalement il me plait pas mal. Il y a plein de traitres partout, un gentil mourant dit au super gentil « ne te fie à personne ». Dans ces cas-là ça ne manque pas il y a un traitre dans l’entourage du super gentil, du coup je cherche quels personnages peuvent être les traitres ? Tout le monde, les pétasses, les monsieurs muscle, le petit intello boutonneux… ha non pardon, dans ce genre de film pas de petit intello boutonneux….
Depuis un paquet d’années je trouve toutes les scènes d’action pourries et mal filmées. C’est filmé de très près, avec un gros zoom sur les visages et les poings, on ne voit absolument rien. Le pire c’est que j’imagine qu’un chorégraphe a mis les combats en scène, que les acteurs/cascadeurs ont dû bosser dur pour les faire et au final on n’a pas assez de recul, on ne voit rien… Je remonte un peu loin mais Gene Kelly qui joue d’Artagnan et virevolte comme un oiseau mouche, ça n’a peut-être aucune crédibilité martial (mais les films actuels en ont-ils plus ?) mais au moins c’est beau à voir. Plus récent : Jackie Chan, on aime ou on n’aime pas, mais au moins on voit bien les scènes de combat, son travail sert à quelque chose. Les scènes d’action actuelles c’est comme faire une exposition de tableaux dans la semi pénombre….
Du coup pendant les scènes d’actions inintéressantes de ce film moderne je m’occupe en me demandant qui va trahir, à qui profite le crime, qui a un bon profil de super méchant. Devant certains films je m’ennuie tellement que je fais mentalement ma liste des courses, là ça m’amuse d’essayer de deviner la suite.
Les scénaristes ont plus d’imagination que moi (et c’est heureux) et finalement je n’avais pas deviné la fin. Plein de gens sont morts, mais comme c’est un film américains, aucun gentil n’est mort, c’est un « happy end » tourné de manière à pouvoir faire des suites. Pas fous les américains !
Je suis assez contente de ma séance, je ne me suis pas ennuyée, je n’ai pas eu peur, je n’ai pas pleuré et j’ai pu jouer les Hercule Poirot pour passer le temps quand j’en avais besoin…
On se lève, on sort du cinéma, et là un ami qui était avec nous «  Ça t’a plu ? Bon il n’y a pas de scénario mais au moins les scènes d’action étaient trop bien »
Ha ? comme quoi un seul film est diffusé, mais aucun des spectateurs ne voit la même chose…

jeudi 10 juillet 2014

Les amis des amis

Ce jour-là je suis invitée au mariage d’une ancienne camarade de classe que j’ai rencontré quand j’étais étudiante. Il y a plusieurs amis de cette école, on passe une bonne soirée. Quelques-uns d’entre eux habitent Paris comme la mariée et se voient régulièrement, les autres comme moi viennent de plus loin. Avant le repas nous regardons les posters faits par la famille avec des photos d’enfance et de vacances…. Sur l’une d’elle nous voyions le conjoint d’une des personnes de notre école, cette personne et la mariée ne se connaissaient pas quand nous sommes arrivées à l’école. Le couple est présent au mariage, mais il n’est pas avec nous au moment où on regarde les photos.
On n’en revient pas, c’est rigolo qu’ils se soient rencontrés et que tous les deux connaissent la mariée (l’un étant un ami d’enfance et l’autre l’ayant rencontré quand elle était étudiante). On n’a pas encore bu, mais ça nous fait bien marrer. Surtout que la mariée vient d’un coin un peu paumé quand même…
Bon vous voyiez peut être la chute arriver, mais nous pas du tout, et pourtant on n’a rien bu, je le répète. On attend le couple en question en rigolant. Un autre ami arrive et on lui raconte : « Hé bidule ! c’est fou ça ! Tu savais que machin qui est en couple avec truc connaissait la mariée quand il était jeune, c’est vraiment trop fort ! Les hasards de la vie parfois… ». Il nous regarde l’air intrigué, attends de voir si on est sérieux ou non, puis nous répond « Ben oui c’est elle qui les a présenté ! ».
Pff la Méga grosse honte de ne pas y avoir pensé….

mardi 8 juillet 2014

Les profs qui s’occupent de leurs élèves

Cette année-là je dois me trouver un stage. L’année précédente j’avais eu beaucoup de mal alors que je ne m’y étais pas prise au dernier moment, du coup cette année je m’y prends en avance.
Le problème quand on s’y prend en avance c’est qu’il n y a pas tant d’offres que ça, les entreprises sont comme les élèves : un certain nombre attend le dernier moment. Par contre celles qui sont organisées et qui s’y prennent en avance ont l’habitude d’envoyer les annonces directement aux professeurs.
Là où je suis il y a deux options assez similaires dans lesquelles beaucoup de matières sont en commun. Il se trouve que les annonces dans le domaine qui m’intéressent sont toutes envoyées au professeur responsable de l’autre option.
Je vais donc le voir pour lui demander de me faire passer les annonces dans le domaine qui m’intéresse. Lorsqu’il me reçoit il me dit :
« - Tes camardes sont en train de préparer leurs partiels, la plupart d’entre eux ne se mettra à chercher un stage qu’après les examens
- Oui mais moi je cherche maintenant, je veux être sure de pouvoir trouver un sujet convenable, ça ne m’empêche pas de préparer mes examens.
- Oui mais vois-tu tu es dans l’autre option.
- Et alors cette matière est commune aux deux options et beaucoup de gens de mon option feront des stages dans cette matière ?
- Oui je sais, mais moi je suis responsable des élèves de cette option, je ne dormirai tranquille que quand chacun d’eux aura un stage »
Là ça me gonfle un peu, je pue moi ?
« - Mais je ne leur vole rien aux autres, les annonces elles sont envoyées pour toutes l’école pas que pour les gens d’une seule option ! En plus ce n’est pas de ma faute s’ils ne se préoccupent pas de leur stage, je suis là moi ! ».
Il me répète que non, ça l’embête il ne veut pas…. Je suis vraiment dégouté par ce type…
Soudain il me dit
« - Attends j’ai une annonce intéressante. Tous les élèves rêvent de rentrer dans une grande entreprise du coin car ils ont des amis maintenant dans cette ville. Mais j’en ai marre parce que ces grandes entreprises elles connaissent déjà l’école. Là j’ai une offre de stage pour une grande ville du nord.
- Oui mais là c’est à l’autre bout de la France. On ne peut pas faire plus loin en France Métropolitaine, or il se trouve que toute ma famille est dans la région. Je sais que ça ne se fait pas de cracher sur du travail, mais là même s’ils me paient un peu pour ce stage il me coutera plus cher que ce qu’il pourrait me rapporter…. »
Là je me suis pris une rincée, il s’est mis à brailler à propos des élèves qui ne pensaient qu’à leur confort et à pas faire connaitre l’école… J’ai réussi à filer.
Mais il ne m’a jamais donné les autres annonces envoyés par les entreprises et concernant la matière qui m’intéressait. Heureusement un autre prof plus sympa les a récupérées pour moi…

mardi 24 juin 2014

Achat de mon cheval : 6° partie

Ma jument
Il restait donc une annonce à laquelle je n’avais pas répondu, une jument grise vendue par des gens… qui me font froid dans le dos. Quand j’avais environ 17 ans je montais dans une ferme équestre sympathique. Des amies de lycée m’ont dit qu’elles allaient faire un stage d’une semaine dans un autre club, j’ai demandé à mes parents s’ils pouvaient me le payer, ils ont accepté. J’ai découvert là bas un autre monde, un monde où on n’aime pas les chevaux et où ça s’affiche clairement. Un cheval de 16 ans avait un coup de vieux et c’était clairement dit que s’il ne se bougeait pas il partait à l’abattoir. Ailleurs on peut essayer de les placer ces chevaux, ou au pire si on pense à les abattre on ne le crie pas sur tous les toits… A l’époque je devais bien peser plus de 50 kg, un après midi pendant le stage on part faire un trotting : deux heures de montée raide, tout au trot sans étrier, soit disant pour entretenir les chevaux et parfaire l’assiette des cavaliers, c’est tout aussi intelligent que de lâcher un skieur débutant dans une piste très raide avec des bosses et de lui dire « c’est comme ça qu’on progresse, démerde toi ». Ils m’avaient donné un poney d’environ 1m30. Après tout pourquoi pas, un poney entraîné, pas trop vieux et en bonne santé peut porter un adulte quelques temps. On m’avait aussi donné une cravache en me disant « il est fainéant ». Soit. On part, c’est vrai qu’il n’en rame pas une le poney, on se retrouver vite loin derrière. Au bout de 10 min je n’en peux plus je remets mes étiers, le poney et moi allons mieux, mais il traine toujours. Je m’énerve, je cravache, le poney ne réagit pas, alors j’arrête. Puis arrive une piste en herbe à plat, tous les chevaux devant moi partent volontiers au galop, mon poney panique de se retrouver seul mais semble incapable de prendre le galop. Là je me dis « Il n’est pas fainéant, il a un problème ce poney », j’arrête donc de m’énerver et je l’encourage en douceur. Arrivé enfin en haut on me fusille du regard car tout le monde à du m’attendre. On redescend. De retour au club je m’occupe du pauvre poney qui semble bien naze et un monsieur s’approche et me dit « il est drôlement gentil se poney n’est ce pas ? Déjà si brave alors qu’il n’a que 2 ans ». Là j’ai juste eu envie de rentrer chez moi pour pleurer. A cet âge cette pauvre bête n’aurait rien du faire d’autre que des promenades au pas de 15 minutes, avec pas plus de 25 kg sur le dos. J’en étais malade. J’ai entendu par la suite toutes sortes d’histoire bien horribles sur ce qui se passait là bas. Ils ont d’ailleurs arrêté d’être club, et quand on n’aime ni les gens, ni les chevaux, c’est mieux. Ils faisaient à présent pension et marchands de chevaux.
Bref je n’avais pas envie de les appeler pour l’annonce. L’amie qui m’a accompagné voir le pie de Savoie m’a incité à le faire. Elle m’a dit que s’ils avaient la réputation d’être des gens bornés et sans cœur, le commerce de chevaux était leur principal gagne pain, que si je disais que j’allais mettre le cheval à quelques kilomètre de chez eux ils feraient attention à ne pas me vendre n’importe quoi. Je me lance donc et j’appelle. Au téléphone la voix de la femme me glace le dos, une voix dure et autoritaire qui me rappelle l’époque du stage. Je prends rendez vous pour la jument grise.
Arrivé là bas, la femme vient m’accueillir, elle me dit qu’en même temps que moi une autre dame fera un essai pour une autre jument, elle nous emmènera toute les deux en balades. En préparant les juments je parle à l’autre cliente qui prépare une jument pie alezane. Elle me dit qu’elle a acheté ici un poney de sport à sa fille pour qu’il fasse de la compétition. Qu’il est en pension ici, et qu’il est demi papier. (Demi-papier ça n‘existe pas ou plus, ça veut dire qu’elle s’est faite avoir, le poney ne fera pas vraiment de la compétition). Maintenant elle veut aussi un cheval pour elle, elle voudrait un pie noir aux yeux bleus avec une logue crinière car elle aime peigner les crinières. Elle ne sait pas bien monter à cheval et a peur des chevaux.  En l’absence de la vendeuse je lui glisse que peut être ce qu’il lui faut c’est prendre un gentil vieux cheval en retraite, si elle aime faire des câlins et pas monter, elle n’est pas obliger de monter. Mais non elle veut un beau jeune cheval…
On va dans le manège pour monter, il y a nous deux, la vendeuse et une cavalière qui nous accompagne pour donner un coup de main. Je monte la jument, quand le me penche en avant pour vérifier la sangle pour régler mes étrier, elle réagit immédiatement, elle recule ou par en pas de coté. Elle est très, très vive ! Je me demande si c’est la jument qu’il me faut, je suis dans une phase où j’ai plutôt besoin d’être rassurée. La balade à quatre se passe plutôt bien pour moi, l’autre cliente est dans le doute et la peur. A un moment on se sépare, la vendeuse et l’autre cliente prenne la route et vont nous attendre plus loin, moi je prends un chemin qui monte bien, avec la cavalière pour tester la jument au galop. La cavalière est devant moi sur son immense cheval de CSO, elle prend le trot puis le galop. Ma jument part comme une furie, le chemin est étroit, de chaque coté il y a le talus très raide, à droite c’est l’aval, à gauche c’est l’amont. La jument parviens à sauter dans le talus pourtant escarpé et doubler le cheval. J’ai le temps de voir la cavalière essayer d’attraper les rênes de ma jument, et de lui hurler, « non mais vous êtes folle vous aller vous tuer, laissez la  faire ». La jument double le cheval et revient sur le chemin, elle court à fond la caisse mais ne semble pas folle ou trop dangereuse. Arrivé en haut elle s’arrête d’elle même. On rentre dans le calme. Je dis à la vendeuse que la jument n’est pas ce que je cherche que je veux un cheval plus posé. Je vais pour rentrer chez moi, mais elle me dit qu’elle en a d’autre. Il y a la pie que j’ai vu ce jour là, que l’autre cliente ne semble pas décidé à acheter. Elle a 5 ans, est très calme, elle a déjà fait du club, elle a plus d’expérience en carrière qu’en extérieur, mais elle va déjà bien dehors. Elle doit aussi en faire venir une autre de 6 ans qui a plus d’expérience en extérieur.
Je reviens donc le week end suivant. L’autre jument est … mais oui grise !!!! Ceci dit la pie alezane a beaucoup de blanc, donc je n’aime pas trop, mais le peu de couleur qu’elle a est alezan brulé, donc ça j’adore de plus elle a une très jolie tête légèrement arabisé. J’essaie les deux en carrière, la pie s’incurve un peu dans les angles, alors que la grise ne comprends pas trop ce qu’elle fait là. Pour la pie elle me donne une cravache car elle est bien molle. Bon en carrière la pie va un peu mieux, mais ce n’est pas non plus l’euphorie. On part en balade. La vendeuse monte son cheval et la cavalière qui nous avait accompagnées l’autre fois monte une des juments. Je commence sur la pie. La cavalière se marre ça faisait longtemps qu’elle n’était monté sur un cheval aussi petit, mais elle trouve que la jument grise avance avec volonté et sans peur. On fait du pas, un peu de trot. Puis on change de jument, je monte la grise. On arrive au chemin de galop en montée où je m’étais fait embarquer l’autre fois. La cavalière sur la pie est derrière moi, la vendeuse devant. La vendeuse prend le trot, ma jument se dit « ha on trotte, d’accord, j’y vais », mais elle fait bien attention d’enjamber correctement les racines. Puis la vendeuse prend le galop, ma jument se dit « ha on galope maintenant, d’accord, j’y vais ». Le grand cheval de la vendeuse va plus vite que ma jument, l’écart se creuse, ma jument voit ça et se dit « ha, en fait on galope plus vite, d’accord j’y vais », elle allonge progressivement le galop, jusqu’à ce que l’écart arrêt de se creuser, mais c’est tout, elle reste loin derrière l’autre cheval avec son galop un peu plus allongé mais très calme. Elle rejoint tranquillement l’autre cheval, et là je me dis « hou voilà un très, très bon point pour elle ». On rentre calmement, j’hésite quand même longtemps entre les deux.
Je me décide finalement pour la grise, son absence esprit de compétition, fait partie des critères qui ont fait basculé la balance. Je reviens la semaine suivant avec mon mari et l’amie qui était déjà venue voir le pie de Savoie. Je leur dis que la jument est bien est calme mais qu’en carrière elle galope très vite, je ne comprends pas pourquoi. Lorsque je la mets au galop dans la carrière, mon mari me dit « je n’ay connais rien en chevaux, mais elle ne va pas vite ». Mon amie se marre et me dit « elle ne va pas vite, mais elle manque d’équilibre et se couche dans les virages, alors tu es secouée dessus ». La jument se comporte bien alors on va faire le teste en extérieur toute seule. Je ne sais pas si j’ai envie que ça marche. J’en ai marre de tous ces essais et tous les chevaux que j’ai vu avant ont été des déceptions, mais elle, bof… elle n’est pas belle, pas marante, pas classe, pas câline… C’est juste qu’elle na pas de gros défaut… En balade ça se passe bien, elle regarde tout au cas où, mais ne semble pas avoir peur. Je pars volontairement dans des rues du village qui sont des culs de sac, comme ça je me dis qu’elle n’a jamais du y aller, elle reste tranquille. Bon ben voilà ce sera elle, je rentre quelques jours plus tard elle passait la visite véto et elle était à moi.
Une jument indépendante, avec son caractère, pas difficile car pas dominante, mais pas facile car têtue et qui a parfaitement conscience de n’avoir besoin de personne. Pas une « bonne » jument de loisir, car aucune motivation pour le jeu et la nouveauté, tout doit être travaillé et préparé, mais avec un travail sur la confiance et le respect, on progresse. Une excellent jument de rando : le pied sur, s’économise, ne se met jamais en danger, même dans un près avec des barbelés, des trous, de l’électricité, un point d’eau difficile d’accès. Des débuts en carrière difficile avec des moniteurs qui ne savaient pas comment prendre cette jument sans impulsion, ça prenait la voie « cravache éperons » jusqu’à la rencontre avec un moniteur qui a tout changé, qui m’a montrer  comment on peut faire trouver du confort dans le travail même au cheval le plus déterminé à économiser son énergie du monde !
Bref après toutes ces aventures je n’ai pas trouvé le cheval de mes rêves, (mais je n’avais pas on plus un budget à rallonge,) mais j’ai trouvé le cheval de ma vie. Et je crois qu’elle n’a pas trop à se plaindre non plus de la vie que je lui offre.

samedi 21 juin 2014

Achat de mon cheval : 5° partie

Le pie de Haute-Savoie
Pour celui là j’avais étalé mes recherches plus loin géographiquement. L’annonce parlait « d’un superbe pie alezan aux yeux bleus, expérimenté ». Sur la photo on voit qu’il est en train de grisonner, mais finalement j’avais renoncé à un cheval pas gris…
Au téléphone le vendeur me fait une impression agréable, il est très enjoué et me raconte comme le cheval est volontaire et joueur, un des préférés des cavaliers du club. Quand on le laisse dans le manège il joue avec les quilles.
Après une très, très longue route, j’arrive dans un  petit club, où je suis bien accueillie. Le vendeur m’emmène chercher le cheval au box, je le prépare et on va dans le manège. Le cheval a été très sage. Il a un look spécial, un pie alezan qui grisonne ça fait pie rose. De plus une de ses oreilles a été comme coupée, comme si quelqu’un avait découpé une bande de 3 mm sur tout le tour. Ca se voit car elle est un peu plus petite que l’autre, et surtout la bordure est très fine et les poils qui sont implantés jusqu’au bord, dépassent. Le vendeur ne sait pas ce qui s’est passé.
Arrivés dans le manège il monte le cheval (c’est donc le seul, de tous les vendeurs qui a monté son cheval or ça devrait toujours être le cas !!). Ca se passe bien, il me montre comment il met le cheval en place, quelques figures simples dans le calme. Il fait beaucoup d’équitation western et me montre d’autres chevaux dans le manège qui font le « stop » juste à la voix. Bien sur ce cheval n’en a pas encore le niveau mais il insiste sur l’importance de la légèreté. Pour l’instant tout me plait je suis sur un petit nuage ! Je monte le cheval tout se passe très bien, il est très agréable. Je souhaite l’essayer en extérieur, mais il y a vraiment beaucoup de neige et surtout de glace, car le club est un peu en altitude, le vendeur est un peu inquiet pour moi. Comme la météo annonce de « grosses chaleurs », on convient que je reviens la semaine suivante. C’est bien ça me permet de faire un nouvel essai.
Comme je crois vraiment à ce cheval, la semaine suivante je reviens avec mon mari et une très bonne amie qui a accepté de venir me conseiller. Lorsque j’arrive, le club a une autre allure sans neige. Les chevaux ont été mis au pré. On m’explique comment aller le chercher et j’y vais seule. Il est dans un pré avec 3 autres chevaux. Je l’attrape sans problème, mais pour le sortir j’ai beaucoup de mal à passer le portail il ne veut pas être séparé des autres. Il faut marcher un peu pour rejoindre le club, il brasse tout le long. A l’attache et dans le manège tout se passe bien. Il plait à mon mari et mon amie. Je pars doc l’essayer en balade. On prend le chemin qui passe devant son pré, au début tout va bien, mais quand on dépasse son pré je le sens très tendu. Obéissant, mais en mode cocotte minute qui va exploser. Le chemin mène à une route qu’on prend, je vais le long d’un champ puis je fais demi tour. J’ai un gros doute, avant ça j’ai passé deux ans avec un cheval qui avait peur de tout en balade et j’ai vraiment envie d’un cheval qui part seul sans problème. D’autant plus que je garde en moi un gros stress lié à cette précédente expérience.
Le retour se fait entièrement en descente, le cheval trottine et s’excite un peu, la pression monte dans la cocotte minute. Nous sommes sur la route et nous devons prendre le chemin, qui passe devant son pré et ramène au club. Ce chemin est à ma gauche, en contre bas et il forme comme un virage en épingle, c'est à dire qu’on doit presque faire demi tour. On arrive au niveau du chemin, j’écarte ma rêne gauche et la le cheval saute dans le chemin et fait une fouée de galop. Comme j’ai encore de bons reflexes des deux ans passé avec l’autre cheval qui embarquait souvent de peur, j’écarte encore plus la rêne gauche et le cheval se retrouve bloqué le nez dans le talus qui est très raide, cela sur sa deuxième foulée, il s’arrête. J’ai le cœur qui bas et les jambes qui tremblent, je décide de descendre. Je me penche à peine en avant, il se sent libre et bouge près à pivoter à droite pour reprendre le galop, je me redresse ! Je me demande quoi faire : à chaque fois que je me penche en avant il réagit pour partir. En même temps, en  restant immobile il s’impatiente et commence à piaffer. Je me décide donc à descendre, je suis propre et rapide, j’arrive au sol sur mes deux jambes, les rênes dans la main, avant qu’il n’ait eu le temps de partir. Je le ramène à pied au club. Il galope sur place, sautille, s’agite. Il ne me bouscule pas franchement, il n’est pas agressif, mais il se sent mal, il a peur. Il n’est pas prêt pour moi… Moi j’ai les jambes qui tremblent et je pleure, il me plaisait vraiment ce cheval rigolo qui jouait avec les quilles, dont on s’était visiblement occupé avec respect.
De retour au club je raconte ce qui s’est passé. Le vendeur reconnait que le cheval est peu sortit seul l’an dernier et pas du tout de tout l’hiver, qu’il devait le travailler ces dernier temps et qu’il s’est laissé déborder. Si ça avait été moins loin de chez moi je serais venu monter ce cheval dans le cadre du club avec les conseils du vendeur, mais là j’avais plus de 2h de route pour y aller. On convient que de toutes manières il va devoir travailler son cheval et que si d’ici un mois je n’ai pas trouvé de cheval je le rappelle pour refaire un essai.
Mais dans la pension où je suis actuellement le propriétaire me mets la pression pour faire vite, car sinon il donne ma place à quelqu’un d’autre… En attendant je décide donc d’appeler la toute dernière annonce, il s’agissait d’une jument grise vendue par des gens que je n’aimais pas…. J’ai trouvé là bas une jument sans gros défaut je l’ai achetée, je suis sure que le cheval pie a trouvé une bonne maison.